Balades et affûts

Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /2008 18:43

 En cette  presque mi-novembre le rut du chamois a commencé, j'ai pu rencontrer ce matin quelques mâles courtisant les femelles d'une chevrée.

Arrivé avant l'aube j'ai pu me mettre en place sous le couvert de l'obscurité, je n'étais pas tout seul sur la montagne puisque cette chèvre et son cabri se découpaient sur la crête.

 

 

On reconnaît la chèvre à ses cornes qui forment un angle assez ouvert

 


 

Ce mâle est apparu subitement, poursuivant la femelle. On distingue bien sur cette image l'angle plutôt fermé formé par les cornes

 


 

Dans sa hâte de rattraper la femelle il est passé assez prés de moi, les conditions de lumière étaient limite mais j'ai tout de même tenté une série de filés.

 


 


 

Les femelles ne semblent pas encore réceptives aux avances de ces messieurs.

 


 

Les mâles s'aspergent les flancs d'urine, leur odeur est facilement perceptible.

 


 

Les animaux marquent de leur odeur la végétation à l'aide des glandes rétrocornales

 


 

Les femelles les plus jeunes ne participent pas à  cette agitation

 

 

 

Une chèvre avec un cabri assez jeune s'éloigne pour se retrouver dans la lumière du soleil.

 


 


 

Le cabri prend la pose un instant.

 


 

Il a environ 4 mois, on ne voit pas encore ses cornes

 


 

Ces jeunes mâles n'ont pas encore atteint la plénitude de leur force.

 


 

Le soleil est maintenant haut dans le ciel, tout le monde se dirige vers l'ombre des frondaisons.

 


 Eric Breyton

Bibliographie : Le chamois et l'isard d'Eric Weber chez Delachaux et Niestlé


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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /2008 18:44

Malgré la météo calamiteuse promise pour samedi je suis "monté aux chamois", la période du  rut est bientôt là et je voulais observer leur comportement.

Un vent très fort m'a accueilli au sommet avec des rafales qui parfois me déséquilibraient. Peu de lumière hélas sous un ciel très couvert mais le bruit du vent a facilité mon approche. Les animaux ne semblaient pas gênés par ces rafales, ils continuaient à s'alimenter tranquillement, accroissant leurs réserves en prévision de l'hiver.

Voici une illustration d'un stratagème couramment utilisé par le chamois qui a cru voir un mouvement, phase 1, il fixe l'endroit suspect intensément pendant plusieurs minutes s'il le faut :

 

 

Bien entendu il ne faut absolument plus bouger pendant ce temps, ensuite le chamois se remet à brouter :

 

 

Pour mieux relever la tête brusquement, surprenant le photographe impatient…

 


 

Souvent aussi ils s'arrangent pour garder l'endroit suspect dans leur champ de vision latéral.

 

 

Une petite éclaircie de 10 minutes est venue éclairer la montagne. 2 images, d'abord sans lumière :

 

 

Et avec lumière :

 

 

Cette chèvre m'a gratifié d'un mouvement d'oreilles assez drôle

 

 

 

Attitude typique d'un chamois qui hume le vent à la recherche d'une odeur

 

 

Les cabris de l'année adoptent la position agenouillée pour mieux brouter

 

 

Ce cabri semble perdu au milieu du pâturage mais sa mère n'est pas loin, les relations "mère/enfant" sont très fortes chez cette espèce.

 

 

Le dimanche la météo annonce un mieux, je remonte donc voir les chamois.

Lorsque j'arrive au sommet à l'aube le ciel s'embrase au dessus des montagnes.

 

 

La lumière est bien meilleure qu'hier mais le vent ne couvre plus aussi bien les bruits, c'est le déclenchement du boitier qui a donné l'alerte à cette chèvre.

 

 

Le mâle dominant commence à adopter des postures de rut.

 

 

Le pelage d'hiver n'est pas encore tout à fait prêt chez cette chèvre

 

 

Le chamois se déplace avec facilité sur la neige pourvu qu'elle ne soit pas trop profonde et poudreuse.

 

 


 

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts - Communauté : La nature et ses secrets
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Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /2008 11:06

La météo excellente de ce weekend m'a donné envie d'aller voir si les chamois de Chartreuse voulaient bien montrer le bout de leur nez. Me voilà parti dès l'aube – suivant la formule consacrée – et presque aussitôt j'aperçois les ptites bêtes dans les pentes ! Voilà me semble-t-il un bon présage. Après étude du sens du vent, je me décide pour une approche au travers des rochers qui bordent l'alpage.

 

Le groupe se déplace lentement en broutant nez au vent et je m'aperçois que je ne pourrais pas parvenir à distance correcte sans me faire repérer. Et de toute manière, je serais à contre-jour, ce n'est pas un bon plan !

Changement de programme, je me replie et entame un grand mouvement tournant par l'est dans un vallonnement de l'alpage.

J'ai bien estimé l'avancée du groupe et j'arrive à me positionner sur leur flanc droit, le soleil est en train de passer au dessus d'une crête et la lumière qui va baigner le groupe est magnifique.

Je suis allongé dans l'herbe humide de rosée et commence mes prises de vues.

 

 

La limite ombre-soleil se rapproche, les animaux aussi et une femelle commence à être éclairée par le soleil rasant.

 

 

Les animaux broutent et pendant un moment je n'ai que des dos et des têtes baissées à me mettre sous l'objectif

 

 

Certaines femelles lèvent la tête et commencent à observer les alentours.

 

 

 

Un bruit léger dans mon dos : je me retourne lentement et découvre avec stupéfaction un randonneur, en train de prendre des photos avec son bridge tenu à bout de bras ! Il est debout à 10 mètres de moi, bien visible dans ses vêtements clairs et, comble d'ironie, il me fait un salut de la main !

Certes la montagne est à tout le monde, et ce promeneur a autant le droit que moi de prendre des images, mais il me semble qu'un minimum de respect devrait être de mise vis-à-vis des animaux et aussi de la présence d'un autre photographe.

Après une heure de reptation, je suis parvenu à m'approcher sans les inquiéter de ce groupe de chamois. Il est évident qu'un "humain" aussi visible risque d'être repéré très rapidement par le groupe, qui, dérangé, va prendre la fuite tôt ou tard !

Mes yeux furibonds sous la cagoule et le geste de la main lui demandant de s'accroupir lui font peut-être réaliser qu'il dérange, il finit par battre en retraite.

Les chamois sont maintenant alertés, ce qui était prévisible, et ils se dirigent derrière un repli de terrain.



Je parviens à me rapprocher tout de même et à faire quelques clichés.

 

 

 


 

Mais leur attention est réveillée, il y a toujours plusieurs têtes levées qui observent les alentours.

 

 

Tout d'un coup le groupe s'affole et par vers le Sud au galop, sans doute l'odeur du randonneur qui leur est parvenue, le chemin file vers le Nord et le vent vient de là…

 

 

 

Je me replie en pensant que la séance est finie pour cette fois, le groupe s'est rapproché des falaises et des itinéraires de fuite.

Je tente tout de même une dernière approche pour ne pas rester sur cette déception, je suis déjà trempé de rosée, ce ne sont pas quelques dizaines de mètres de reptation qui vont me mouiller davantage !

Un cabri m'offre un moment de tétée.

 

 

Puis toute la bande se replie vers la forêt, il me faudra revenir pour faire les portraits serrés que j'espère…

 
Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts - Communauté : La nature et ses secrets
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Samedi 4 octobre 2008 6 04 /10 /2008 18:25

J'ai découvert ces derniers jours un petit coin de paradis pour photographe animalier.

A flanc de montagne, des prés, des bois, un petit ruisseau, peuplé de diverses espèces, chevreuils, mouflons, cerfs, renard, que j'ai vu, sangliers et peut être blaireau dont j'ai trouvé les traces.

 

Tout a commencé par une balade tranquille, juste pour le plaisir de marcher en forêt.

Contrairement à mes habitudes mon appareil était rangé dans le sac à dos lorsque nous avons aperçus trois chevreuils. Ils ont eu la gentillesse d'attendre patiemment que je sorte le matériel, la mère était couchée dans le pré et deux jeunes nous avaient repérés.

 

 

Ils sont partis brusquement au bout de cinq minutes d'observation réciproque.

 

 

 

Plus bas sur le chemin un brocard nous observait, caché dans la végétation à 5 mètres du chemin!

 

 

 

Je suivais une piste de cerf lorsque j'ai réveillé ce renard en pleine sieste.

 

 

Il a entendu du bruit plus bas sur le chemin.

 

 

 

En rentrant j'ai croisé ce brocard qui se régalait de rumex.

 

 

Et cette biche avec son faon dans une pâture à vaches.

 

 

 

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts - Communauté : La nature et ses secrets
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 00:00

Ma première sortie d'observation du brâme du cerf a été l'occasion de voir 4 de ces animaux dans une forêt du Vercors. Les photos qui illustrent cet article ont été prises en sous bois, au crépuscule, la lumière manque et malgré la montée en Iso (1600), le monopode et le stabilisateur sur le 100/400 la plupart sont floues, les animaux ayant bougé pendant le déclenchement. J'ai voulu tout de même vous les montrer pour illustrer l'émotion que j'ai ressentie.

Lors de la marche d'approche sur le chemin forestier j'entendais déjà au loin les premiers raires. Des traces multiples dans les sous bois, des bruits de branches me confirment la présence des grands ongulés.

C'est la toute première fois que je les entends brâmer et mon émotion est intense. Au moins 3 cerfs différents s'expriment dans ce vallon.

Je ne veux pas déranger les animaux sur la place de brâme et mon intention est de me dissimuler en vue d'un des sentiers d'accès et de compter sur la chance pour rencontrer cerfs ou biches.

Les sentes sont nombreuses dans ce sous-bois et je choisis de m'approcher d'une petite clairière qui me donnera un peu de visibilité.

Les cerfs se répondent dans les vallons en contrebas, invisibles mais très présents.

Je m'installe à bon vent près d'un bosquet de  jeunes hêtres et écoute les raires parfois très proches.

Une forme marron apparaît puis disparaît en lisière de la clairière, je n'ai pas vu s'il s'agissait d'un cerf ou d'une biche.

Soudain un cerf débouche dans la clairière, il est en face de moi à 20 mètres au plus et je n'ai rien entendu, quelle discrétion !

 

 

Il n'est pas dérangé par le bruit de l'appareil mais flaire le vent .

 


Je découvre un deuxième cerf dans la clairière, les deux cerfs sont derrière un arbuste.

 

 

Je pense un instant qu'ils vont engager le combat mais le nouvel arrivant quitte les lieux sur ma droite.

 

 

Lentement suivi par le premier.

 

 

Un troisième cerf, plus jeune fait une apparition furtive à gauche, je suis mal placé et je n'ai pas le temps de le cadrer. Lorsque mon attention se porte à nouveau devant moi je découvre une biche et un quatrième cerf !

 

 

Le cerf fait des avances à la biche qui s'éloigne dans le bois, elle réapparait quelques instants plus tard.

 

 

Le cerf n'a pas de succès dans ses avances, il est alerté par le passage de randonneurs bruyants plus haut sur le chemin et s'éloigne dans la forêt.

La biche reste vingt bonnes minutes en alerte à fixer les fourrés dans ma direction, elle a dû percevoir quelque chose, je ne bouge pas d'un pouce, les bruits m'ont surpris en position difficile, je suis assis sur mon talon droit et ma jambe tétanise…

J'attrape très lentement le tronc du hêtre le plus proche pour soulager le poids sur mon pied et j'attends que la biche se détourne, elle est du genre patiente. La nuit tombe et je ne distingue presque plus sa silhouette lorsqu'enfin elle me libère en repartant dans le bois.

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts - Communauté : La nature et ses secrets
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