Balades et affûts

Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /2008 00:00

Ce weekend nous nous décidons pour une balade familiale sur les plateaux du Vercors, ce sera aussi pour moi l'occasion de faire un peu de repérage dans un coin que je sais fréquenté par les cerfs.

Un garde croisé au départ de la balade me confirme que le brâme est commencé, avec une bonne fréquentation du coin.

Nous grimpons vers une crête pour profiter du panorama lorsqu'une biche et son jeune débouchent soudain de la lisière de la forêt pour courir dans la pâture.

Je fais quelques clichés en catastrophe et les animaux disparaissent dans la direction de la crête.

 

 

 

 

Nous faisons une halte, interloqués par ce comportement bizarre, lorsqu'une autre biche débouche du bois et va rejoindre les 2 autres.

 

 


Elles suivent la crête un moment avant de replonger vers le bois.

 

Je n'ai pas compris les raisons qui les ont poussées à fuir ainsi à découvert, peut être un cerf qui les importunait dans le bois ?

 

Le pique nique sur la crête est survolés par des grands corbeaux et des vautours fauves qui passent assez près du sol.

 

 

 

La façon dont ils se tordent le coup pour nous observer est assez amusante

 

 

Voir ces oiseaux se jouer des ascendances et du vent m'a toujours fasciné, nous pouvons même entendre le bruit de l'air sur leurs plumes.

 

 

 

La balade se poursuit tranquillement par la rencontre d'un troupeau de brebis, puis d'une carcasse de brebis bien nettoyée par les éboueurs des airs et sans doute aussi un renard puisque les côtes sont bien mâchouillées.

Nous faisons une halte au milieu d'un troupeau de vaches et de chevaux, c'est l'occasion de faire quelques portraits et quelques gratouillis aux moins timides lorsqu'une biche surgit, affolée, avec son jeune qui suit à grand peine !

 

 

Nous sommes au milieu d'un pré de quelques dizaines d'hectares, à 800 mètres des bois, quelle folie pour elle de foncer ainsi à découvert !

 

 

 

Elle débouche au milieu des chevaux, des vaches et des humains, ne sait pas vers quel endroit se diriger, hésite, fais demi tour, pour finalement foncer droit dans la pente vers la crête.

 

 

 

Nous les suivons un moment du regard sur la crête, finalement elles retournent vers les bois au nord pour replonger à couvert près de l'endroit ou nous avons vu les premières ce matin.

 

 

 

C'est une attitude vraiment bizarre pour ces animaux normalement bien trop farouches pour sortir ainsi à découvert en pleine journée.

Peut être qu'un cerf particulièrement entreprenant les a poussés vers le pré ?

Sur le chemin du retour nous trouvons diverses traces et empreintes ainsi qu'une souille récemment utilisée, on y voit encore les traces de poils du cerf qui s'est roulé dedans.

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts - Communauté : La nature et ses secrets
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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /2008 12:25

Une semaine de vacances dans un de ces coins paradisiaques dont la Lozère a le secret m'a permis d'approcher quelques ongulés dans le Parc national des Cévennes.

En ces lieux où les animaux sont protégés intégralement, hormis des tirs de régulation, la densité exceptionnelle m'a permis d'observer à chaque sortie des sangliers, biches ou chevreuils avec en prime deux renards.

Toutes les photos ont été réalisées selon la technique de l'approche lors de sorties solitaires ou à deux, randonnées dans les secteurs les plus favorables en marchant à bon vent et le plus silencieusement possible.

Ces sorties d'approche à deux m'ont ainsi permis de découvrir que si à deux on fait plus de bruit que seul, on dispose aussi de 2 yeux de plus pour voir les animaux avant d'être repéré, à chaque rencontre un de nous deux a repéré l'animal avant l'autre.

Bien entendu il faut que l'entente soit très bonne et que la communication se fasse par gestes ou chuchotements très bas pour optimiser les avantages de la formule.

 

La première sortie s'est faite seul un matin, dans une zone mixte entre prés, tourbière et forêt de pins. Parti en repérage je découvre une piste de cerf qui se dirige vers une zone boisée, je vérifie le vent en lâchant une toute petite plume, à la manière de Robert Hainard, il vient du sud, c'est par là que la piste se dirige et des amis "locaux" m'ont signalé un cerf, une biche et son jeune dans le coin.

 

 

 

Je suis donc cette piste en marchant le plus silencieusement possible lorsque qu'un bruit de déplacement se fait entendre dans le bois, je me fige et écoute, le bruit vient de devant moi, un sanglier bouge à 10 mètres, il me tourne le dos et mes premiers clichés ne montrent qu'un petit bout du dos de l'animal qui disparaît derrière un fourré.

Un bruit de fuite et de brindilles cassées droit devant, je crois avoir perdu la partie  et regarde les photos sur l'écran du boitier lorsque l'animal réapparait, cherchant toujours tranquillement sa nourriture, je fais quelques photos, le bruit du boitier ne le dérange pas mais un autre sanglier situé derrière moi et à ma gauche (dans mes 8 heures comme disent les aviateurs) m'évente et fuit bruyamment.

Le "mien" lève la tête, il est à 10 mètres au plus et c'est ma première confrontation avec cet animal, je suis sûr qu'il doit entendre mon cœur battre la chamade !

 

 

 

Il flaire, me regarde et part d'un bond dans les buissons, d'autres bruits se font entendre tout autour, j'ai dû tomber sur un petit groupe en pleine recherche de nourriture.

Je fais demi-tour pour ne pas prolonger le dérangement, il ne sert à rien de poursuivre un animal qui m'a éventé.

En revenant sur la piste du cerf je découvre une toute petite grenouille rousse qui se cache dans le creux d'une empreinte.

 

 

L'après-midi nous remontons un ruisseau qui se fraie un passage parmi les blocs de granit déposés là par un glacier depuis longtemps disparu.

Je marche en tête et j'aperçois un jeune sanglier, une bête rousse, il vient de perdre ses rayures mais est encore tout jeune, normalement sa mère et ses frères et sœurs ne devraient pas être loin.

 

 

On escalade un rocher de granit par prudence et de notre poste d'observation improvisé on aperçoit la laie, assez maigre, descendre vers le petit ruisseau.

 

 

Le ruisseau est malheureusement invisible de notre rocher, les jeunes -5 ou 6 au moins- se font rappeler à l'ordre d'un grognement et tout le monde rejoint bien tranquillement le couvert sans cesser de rechercher de la nourriture ; apparemment aucun animal n'a éventé notre présence.

 



 

 

En rentrant par la zone où j'ai trouvé les empreintes de cerf le matin nous apercevons un faon qui broute à l'ombre d'un pin.

 

 

Et même un dernier sanglier, lui aussi gêné par les mouches

 

 

Pour la balade suivante, nous décidons de changer de "zone d'investigation" et d'explorer un secteur boisé de hêtres.

Les feuilles mortes crissent sous nos pas et j'ai bien peur d'effaroucher tous les animaux présents lorsque qu'un mouvement sous le couvert attire mon regard.

On se fige immédiatement et j'ai du mal à comprendre ce qu'est cette tache blanche qui remue derrière les branches…

C'est le bout de la queue d'un sanglier qui chasse les mouches : tout affairé à sa recherche de nourriture il ne nous a pas entendus.

Je m'aperçois au bruit très lent du premier déclenchement que j'ai oublié de régler la sensibilité, la lumière est faible sous les arbres, je monte donc à 1600 iso pour gagner un peu de vitesse.

 



 

Le sanglier se dirige de notre côté, fouillant le sol du groin sans regarder plus avant. Je suis debout au milieu d'une sent et je ne peux pas bouger sans faire bruisser les feuilles. Il est très difficile de cadrer au milieu des branches qui s'enchevêtrent. Mon amie est un peu mieux dissimulée derrière un bosquet juste à coté de moi.

Le sanglier approche toujours.

Arrivé à 6 mètres de nous, il semble entendre enfin le bruit de l'appareil et se fige en regardant droit devant lui, nous sommes sur sa droite, je suis totalement visible, pas rassuré du tout…

 

 

Il tourne lentement la tête dans ma direction, me regarde une demi-seconde et fait un demi tour éclair en poussant un  puissant grognement !

Les 2 photos suivantes ne sont pas nettes mais je les ai gardées, comme illustration du sursaut que j'ai eu lors de sa fuite…

 



 

 

La vision du démarrage à travers le viseur et le grossissement de l'objectif m'ont procuré une belle montée d'adrénaline. Je pense quand même à mesurer la distance qui nous séparait du sanglier : 6 mètres !

 

Le dernier soir de notre séjour,  nous décidons de tenter un affût  dans une clairière assez dégagée, indiquée par nos amis comme étant un lieu propice pour apercevoir des biches.

La marche d'approche est déjà prometteuse puisque je vois une chevrette brouter dans un marais, je l'approche doucement en me dissimulant derrière un pin noir.

 



 

Les bruits de déclenchements lui font lever la tête mais elle n'arrive pas à déterminer leur origine, elle secoue la tête à intervalles réguliers pour se débarrasser des mouches, puis se remet à brouter.

Elle a tout de même un doute et relève brusquement la tête, j'ai souvent vu ce comportement chez les chamois, je n'ai pas bougé et elle n'arrive pas à déterminer ce qui l'inquiète. Elle flaire le vent, regarde de tous cotés mais le pin me dissimule bien et ses branches étagées laissent un passage pour l'objectif.



 



 

 

Elle finit par aller brouter plus loin et nous continuons notre chemin.

Nous apercevons encore une biche et un sanglier avant d'arriver sur le lieu de l'affût, mon amie s'installe en hauteur sur un arbre et je m'assoie en tailleur près du tronc d'un pin adulte.




J'ai la tenue de camouflage filet de Décathlon (pub gratuite) avec gants et cagoule filet, le boitier est monté sur monopode, réglé sur 1600 iso car la lumière baisse rapidement et l'attente commence.

Un brocard fait son apparition sur ma droite et broute dans les hautes herbes, je fais quelques photos mais il poursuit son chemin et disparaît derrière un bosquet.

 

 

Un bruit proche sur ma gauche m'inquiète un peu, je ne vois rien à cause du tronc du pin et décide de me pencher très lentement en arrière pour voir de quoi il retourne.

J'aperçois les pattes arrières d'un chevreuil, il est à 5 mètres au plus, ne bouge pas et semble regarder dans ma direction, je ne dois plus bouger du tout et espérer qu'il ne va pas fuir. Mes abdos n'apprécient pas du tout la position et je trouve le temps bien long avant que le brocard se décide à avancer un peu et que je puisse me redresser lentement, dissimulé par le tronc.

Le premier déclenchement fait sursauter le chevreuil, j'attends qu'il soit plus tranquille et plus éloigné pour recommencer.

 



 

 

 Il se balade dans le pré, le soleil est presque couché à présent et une brume fine monte des zones les plus humides.

 



 

 

Le brocard disparaît dans les hautes herbes pour un moment et je relâche mon attention sur lui pour tenter de voir ce qui provoque un fin bruissement sur ma gauche.

Mauvaise idée car lorsque je le revois, il a le regard fixé sur moi, il a dû percevoir un mouvement.

 

 

Je ne bouge plus du tout mais cette chose bizarre au pied du pin le dérange et il nous gratifie d'aboiements courroucés avant de démarrer d'un bond.

 



 

Il se déplace d'une cinquantaine de mètres avant de se remettre à aboyer

 


Pendant tout ce remue ménage le premier brocard qui avait réapparu plus loin n'a pas levé la tête, continuant à brouter tranquillement.

Nous attendons la nuit tombée pour rentrer à la lueur de la lampe frontale.

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts - Communauté : La nature et ses secrets
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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 00:00

Bien que je préfère réaliser mes photos en milieu naturel, je ne dédaigne pas faire quelques photos en Parc animalier ou ornithologique.

A cela plusieurs raisons :

-les parcs permettent de s'entraîner à maîtriser la technique et à acquérir les réflexes nécessaires

-certaines images ne sont réalisables qu'en captivité, portraits serrés de rapaces par exemple

-certains parcs où le milieu "naturel" est bien géré attirent des animaux libres qui y trouvent sécurité et nourriture, ces animaux sont beaucoup moins farouches car habitués à la présence humaine, ils se reproduisent parfois dans l'enceinte des parcs.

-lorsque que mon temps est limité cela me permet de m'adonner à ma passion sans déranger la faune sauvage.

Bien entendu l'honnêteté intellectuelle impose de préciser l'origine des photos réalisées.

Le choix du lieu est important, le milieu naturel devra être conservé ou reproduit pour espérer avoir de jolis fonds, je favorise les parcs participant à un ou plusieurs programmes de protection ou de réintroduction d'espèces en danger.

Les images illustrant cet article ont été réalisées aux parcs ornithologique de Villars les Dombes dans l'Ain, de Pont de Gau en Camargue, au Donjon des Aigles de Beaucens et dans un élevage de sangliers en Dordogne.

 

Les portraits serrés : il est évidemment impossible de faire des portraits de rapaces dans la Nature, leur méfiance empêche toute approche. C'est possible en Parc moyennant une approche lente et respectueuse de l'oiseau, tout signe de nervosité de sa part doit se traduire par une immobilité ou un recul de votre part, à quoi bon montrer un oiseau affolé ?

 

Canard pilet mâle, Villars les Dombes

Vautour moine, Villars les Dombes


Flamand rose, Pont de Gau

Circaëte Jean le Blanc, Villars les Dombes

Fuligule milouin femelle, Villars les Dombes

Hibou Grand-duc faisant la sièste, Pont de Gau


Milan royal, Beaucens

Héron garde-boeufs, Villars les Dombes

Fuligule milouin mâle, Villars les Dombes

Les photos au nid : certaines espèces choisissent l'intérieur d'un parc pour se reproduire, c'est le cas de divers hérons au Parc de Pont de Gau, une héronnière est située en face d'un observatoire, permettant de réaliser ces clichés sans risque aucun de dérangement.

Les photos au nid ont connu une grande vogue par le passé, on sait aujourd'hui que le risque d'abandon de la nichée est trop grand pour réaliser ces clichés dans la Nature. Ce sont donc les seuls clichés de jeunes au nid que vous verrez sur ce blog, je m'interdis même de prendre en photo les merles qui font régulièrement 2 couvées par an dans mon jardin, juste à coté du barbecue !

 

Hérons cendrés, Pont de Gau

Les animaux "sauvages" libres, sont moins farouches en Parc, cela permet des rencontres privilégiées. Lors d'une visite il est recommandé de prospecter les coins moins fréquentés, et d'être patient. Je me souviens d'un affût improvisé d'une bonne heure au bord d'un étang de Villars les Dombes en face d'un héron bihoreau juvénile qui s'essayait à la pêche ; les touristes qui passaient sur le chemin derrière moi se demandaient bien ce que je faisais assis par terre à l'abri d'une touffe de roseaux.

Cistude d'Europe, Villars les Dombes

Fuligule milouin mâle, Villars les Dombes

Fuligule milouin mâle, Villars les Dombes

Héron bihoreau juvénile, Villars les Dombes

Héron bihoreau juvénile, Villars les Dombes

Ragondin, Villars les Dombes

Jeune ragondin, Villars les Dombes

Jeunes ragondins, Villars les Dombes

Poussin de Gallinule poule d'eau, Villars les Dombes

Grébe castagneux et mâle milouin, Villars les Dombes

Les "exotiques" : je n'irais peut être jamais en Australie ou en Finlande mais j'apprécie beaucoup l'œdicnème bridé et la chouette lapone, seuls les parcs me permettent de photographier ces oiseaux magnifiques.

Oedicnème bridé, Villars les Dombes

Pélican frisé, Villars les Dombes

Chouette lapone, Villars les Dombes

Et pour réaliser ce portrait de sanglier sans trembler, le grillage qui nous séparait a été bien utile…..

 

 

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /2008 00:00

Une bonne météo prévue pour ce weekend nous décide à aller bivouaquer dans la réserve des Hauts plateaux, une rapide étude des cartes (trop rapide…) et nous décidons d'un itinéraire pour rejoindre un coin ou j'ai déjà observé des bouquetins.

Les sacs sont lourds et la traversée est longue mais nous rencontrons en chemin plusieurs animaux, c'est d'abord un lièvre qui démarre prés de moi en faisant un bruit de chuintement bizarre, je ne l'aurais sans doute pas vu s'il était resté aplati au sol. Une belle course l'éloigne de nous sans que j'aie pu prendre un cliché.

 

Un crave à bec rouge nourrit un jeune posé au sol, un peu loin pour une bonne photo.

Deux chocards poussent des cris dans un petit gouffre, en m'approchant j'entends d'autre cris provenant du fond de ce gouffre, sans doute les jeunes qui sont au nid plus bas, je m'éloigne sans tenter de cliché pour ne pas déranger les oiseaux.

Nous arrivons sur un haut de falaise pour découvrir des traces de bouquetins, empreintes et crottes sur une assez grande superficie mais aucun animal visible aujourd'hui, ils sont ailleurs…

Les vautours fauves se posent sur une vire inaccessible, loin dans la falaise, et nous suivons un moment du regard leurs évolutions dans les airs.

L'examen de la carte nous pousse à faire un grand détour hors sentier pour rejoindre un autre coin propice aux bouquetins.

La marche n'est pas facile entre les lapiazs et les pins mais une femelle bec croisé pose un instant sur un arbre mort juste devant moi

 

 

Nous arrivons en fin d'après midi sur le deuxième site, les traces sont bien là, nous décidons de poser les sacs et de monter la tente dans le coin, un emplacement presque plat est vite trouvé et je pars en billebaude tenter de repérer les animaux.

Je n'ai pas fait 30 mètres que je vois un mâle bouquetin adulte en contrebas d'une petite falaise, une approche silencieuse me permet de m'apercevoir qu'il suit un chamois !

 

 

Le chamois semble dérangé par cet intérêt du bouquetin, il se déplace et choisi de commencer à escalader la petite falaise dans ma direction.

Je me mets en place au débouché d'un semblant de pas qui franchit la falaise mais le chamois à pris une vire au milieu de la pente  et s'est éloigné vers le Sud.

Je descends donc précautionneusement vers le bouquetin; lequel a attaqué une petite sieste et ne semble nullement dérangé par ma présence.

 

 

Je fais quelques portraits, la lumière est faible mais l'animal est coopératif, il se lève pour brouter un peu et se gratter l'oreille.


 


 



J'entends d'autres bouquetins qui fourragent dans des sapins plus loin, ils secouent des branches, soufflent par moment, mais je n'arrive pas à les voir de ma place.

Le bouquetin fait tranquillement le tour de ma position en broutant tranquillement, puis il va rejoindre ses congénères sous la falaise.

Je remonte vers le campement, la tente est presque montée par mon amie, encore quelques piquets et ce sera parfait.

On se fait la cuisine sous l'abside, le soleil est passé derrière la crête et un petit vent se lève, nous décidons donc de manger à l'abri de la toile.

La semoule aux fruits secs est rapidement avalée lorsque nous entendons des bruits de chute de pierres dans une falaise éloignée de cent mètres, il s'agit de mâles bouquetins qui descendent bruyamment.

Cinq mâles apparaissent tour à tour dans une trouée de la végétation, un des cinq se dirige droit sur nous, je fais quelques clichés de puis l'intérieur de la tente lorsque qu'un deuxième mâle, plus âgé que le premier vient droit sur nous en agitant la tête, il à l'air très décidé, c'est le bon moment pour se rappeler que le bouquetin est absolument pacifique…

 

 

 

Il s'arrête à exactement onze mètres de la tente (on a mesuré par la suite), nous toise longuement et décide de poursuivre son chemin vers un des nombreux passages dans la falaise qui se trouve en contrebas de la tente.

 

 

 


Le premier mâle s'est arrêté un peu plus loin et pars à l'opposé après un curieux étirement.

 

 

 

 il va rejoindre le reste du troupeau qui apparaît derrière une petite crête, deux puis quatre, puis huit puis douze mâles apparaissent sur cette crête, c'est un groupe assez homogène de grands mâles, avec un seul jeune de quatre ou cinq ans.

Ils sont magnifiques, en pelage d'été, bien nourris par l'herbe des Hauts Plateaux, laquelle a poussé à profusion en cette année bien arrosée.

 

 

 

Le troupeau se déplace lentement vers le Nord, en broutant, en se livrant à quelques escarmouches et simulacres de combat, les cornes claquent lorsque deux mâles se dressent sur leurs pattes arrière pour se jeter l'un contre l'autre de toute leur hauteur

 

 

 

La lumière est faible mais l'occasion est trop magnifique pour la laisser passer.


 

 

Le troupeau s'éloigne lentement en broutant et nous le laissons tranquille pour revenir vers la tente terminer notre repas.

Soudain c'est un chamois qui monte depuis la falaise inférieure et passe au dessus de la tente.

J'ai à peine le temps d'attraper l'appareil et de faire quelques clichés à la volée qu'il a déjà disparu dans les épicéas au dessus.

 

Après une nuit tranquille, nous nous remettons en route le lendemain pour explorer les pentes au dessus de notre campement, rapidement une chevrée de chamois apparaît entre les pins, nous sommes repérés et il n'est pas question d'entamer une poursuite aussi inutile photographiquement que dérangeante pour les jeunes cabris.

 

 



Un petit troupeau de six bouquetins et plusieurs chevrées de chamois sont découverts au fil de notre progression tandis que les vautours fauves nous survolent à basse altitude, ils cherchent les ascendances d'air chaud s'élevant des pentes.

 

Nous prenons tranquillement le long chemin du retour parmi la végétation du plateau en rencontrant quelques marmottes bien dodues.

 


Pour arriver en fin d'après midi en vue d'un grand troupeau de moutons étalé sur une crête, nous percevons bien leurs bêlements au loin lorsque nous entendons soudain de faibles bêlements dans notre dos.

Il s'agit d'un tout jeune agneau qui semble complètement perdu, très loin de son troupeau, aucune trace de sa mère n'est visible.

 

 

Je me dirige vers lui dans l'intention de le ramener vers le troupeau, en poussant à mon tour des bêlements, mon imitation doit être ressemblante puisque le jeune se précipite dans ma direction.

Il s'approche à quelques mètres mais reste sur ses gardes et fuis tout contact, j'arrive toutefois à le pousser en direction du troupeau qu'il se dépêche de rejoindre dés qu'il entend leurs bêlements.

 

 

Nous aurions mieux fait alors de suivre le troupeau qui descend vers un petit col puisque nous nous trompons de chemin en empruntant une vallée parallèle à celle qui ramène vers notre point de départ…

Nous sommes bien dans la bonne direction mais trop à l'ouest du chemin que nous ne voyons pas, après consultation de la carte nous ne trouvons toujours pas ou nous sommes, une seule décision s'impose, il faut grimper sur la crête la plus proche pour pouvoir se repérer en observant les sommets environnants.

Notre situation n'est pas critique, il fait grand beau, nous avons encore de l'eau et de la nourriture et la tente pour s'abriter mais nous avons perdu tout repère et le soleil commence à descendre dans le ciel.

C'est la première fois que ça m'arrive en montagne, ce relief de plateau vallonné est vraiment trompeur.

Une fois arrivé en haut du sommet situé à l'est nous apercevons des cimes familières et même le chemin qui nous ramènera à notre véhicule, une pause s'impose alors parce que nous sommes fatigués et qu'il nous reste encore un bon bout de chemin, le sommet est bordé de falaises coté Est et il nous faudra le contourner pour retrouver notre route.

Une dernière marmotte nous salue au passage de ses dents bien jaunes et nous entamons enfin la descente vers notre véhicule avec soulagement.

 

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 18:41

Un mail de l'ami Jack me propose une séance d'affût aux guêpiers, ça tombe bien il va enfin faire soleil ce soir là !

L'affût a été construit cet hiver avec un autre copain, quelques palettes, un peu de tissu et de filet de camouflage et voila un 4 étoiles pour photographe naturaliste.

Il est situé sur un site de nidification très fréquenté et les guêpiers sont habitués à la construction semi-enterrée qu'ils ont trouvée en revenant de migration.

Des perchoirs sont disposés de chaque côté de l'affût, pour profiter des lumiéres du matin ou du soir, les collégues ont bien calculé la distance, les branches sont esthétiques et fermement enfoncées dans le sable.
On s'installe vite dans le mètre cube, les objectifs sont passés sous les filets et l'attente commence.

Pas bien longue l'attente, les oiseaux ne sont pas farouches et retrouvent vite les perchoirs disposés à leur intention.

C'est un grand plaisir de pouvoir les observer et les photographier sans les déranger, leurs cris nous signalent de quel coté ils arrivent et nous avons droit à une grande variété de comportements.

Observation des environs

 

Préparation de la proie attrapée en la tapant sur la branche pour l'assommer




Préliminaires


Accouplement


et même rejet d'une pelote de réjection que Jack capture d'une rafale rapide.

 

Un des guêpiers se perche dans un peuplier pour observer à son tour  les photographes, il joue a cache-cache derrière les feuilles et j'ai des difficultés pour faire la mise au point sur son œil

 



Un photographe nous rend une petite visite, il prospecte divers sites dans la région et a été attiré par l'affût.

C'est l'occasion d'une discussion passionnée à voix basse, à 3 dans un mètre cube !

 

La séance se termine par de belles lumières de soleil couchant et j'ai du mal à me déplier pour sortir, j'ai oublié mon siège pliant et les  4 heures passées à genoux se font sentir…

 

Merci à toi, Jack, du partage, et rendez-vous en montagne ;-)

 

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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