Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /2009 12:38

C'est avec l'espoir de retrouver les bouquetins que nous sommes partis avec l'ami Jacques (http://www.jacqueslarrieu.com/), raquettes aux pieds pour affronter les pentes du Vercors.

Les chutes de neige récentes ont bien comblé les traces et nous sommes les premiers ce matin là, la partie en forêt est plutôt facile mais dés que nous débouchons des arbres la neige est plus épaisse, 50 cm de fraiche par endroit, et faire la trace devient ardu.

On se relaie en tête et on est bien content de voir apparaître un skieur de randonnée qui a suivi notre trace.

Il ne tarde pas a nous dépasser et c'est à notre tour de bénéficier de sa trace.

La montée est tout de même rude et l'arrivée sur le plateau est saluée par des rafales de vent et de neige qui nous glacent.


Le temps d'un thé avalé vite fait et nous partons plein Nord vers les pentes qui abritent les animaux.

Un tour d'horizon depuis une crête nous montre les bouquetins, ils sont très haut, sur une crête très exposée et montent vers le sommet.

L'approche ne semble pas possible depuis ce point de vue mais on décide de se rapprocher pour voir si certains animaux ne seraient pas plus bas.

Encore 2 kilomètres dans la neige gelée par endroits et le pronostic est confirmé, la pente en dessous des animaux est bien trop exposée aux départs d'avalanches pour nous permettre une approche, le risque estimé est a 3 sur une échelle de 5 et la prudence doit l'emporter sur l'envie de faire des images.

On fait tout de même quelques clichés de loin, je compte les animaux a la jumelle, ils sont 53 égrenés du haut en bas de la crête, mâles, femelles et cabris mélangés.






Un grand mâle ferme la marche, pataugeant dans la poudreuse, c'est le mâle marqué jaune oreille gauche, je verrais plus tard la trace du collier sur les photos agrandies, ce mâle, né en Vanoise a été relâché en 2002 de l'autre coté du massif, dans le Royans, il a traversé pour rejoindre le troupeau des balcons Est !




Un crop de l'image me montrera même sa marque auriculaire, c'est bien "Jauni" qui rejoint la troupe lentement.




Ce n'est pas aujourd'hui que je pourrais lui tirer le portrait à quelques mètres de distance !

Cette photo a été prise il y a quelques semaines :




Je ferais parvenir ces infos aux gardes du Parc pour le suivi des réintroductions puisque l'identification est certaine.


On se résout à redescendre, le vent a comblé nos traces par endroit, tant pis pour les photos cette fois-ci, ce sera pour une autre fois ...

Eric Breyton

Par Eric Breyton - Publié dans : Bouquetins - Communauté : La nature et ses secrets
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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /2009 09:50

Ou comment transformer une sortie de repérage en séance de musculation !

 

On ne dira jamais assez combien il est important de bien se préparer dès le début de d'une sortie, lorsqu'on part en quête d'animaux : la vérification des réglages de l'appareil et de la "perfection " de son camouflage permet d'éviter certains déboires…

Une chevrette rencontrée dés les premiers cents mètres d'une simple balade destinée au repérage d'un secteur s'est chargée de me le rappeler.

 

Je progressais sur un chemin de randonnée et pensais m'équiper de mes gants et de ma cagoule dès que je quitterais ce chemin pour m'enfoncer dans la forêt, quand j'ai aperçu une chevrette dans le pré au-dessus de moi. Elle broutait tranquillement au soleil et ne m'avait pas aperçu.

 

 

Je me figeais instantanément. Le vent était face à moi, mais si elle levait la tête les taches claires de mon visage et de mes mains n’allaient pas manquer d'attirer son attention. Je levais donc l'appareil tout doucement pour dissimuler au moins mon visage derrière le camouflage de l'objectif.

J'en profitais pour faire un petit tour d'horizon : deux chevreuils broutaient tranquillement dans ce pré ! Je ne pouvais pas bouger sans faire de bruit sur ce chemin en galets et mes gants et cagoule étaient bêtement inaccessibles dans mon sac à dos…

Je pestais contre mon étourderie lorsque l'un des chevreuils leva brusquement la tête vers le haut du pré. Intrigué, je cherchais ce qui pouvait avoir attiré son attention quand j'aperçu un renard qui vaquait lui aussi à ses occupations.

 

 

Le chevreuil se remit à brouter et le renard poursuivit son chemin vers le bois. Toujours immobile sur mon chemin, j'observais l'autre chevrette qui se rapprochait peu à peu de moi en broutant.

 

 

Puis les deux animaux furent bientôt tout proches.

 

 

Les bruits de déclenchement les intriguaient sans les inquiéter vraiment.

 

 

Une des chevrettes semblait souffrir de démangeaisons, elle se grattait souvent avec vigueur.

 

 

 

Puis elle se dirigea dans ma direction, le bruit de l'appareil lui semblait visiblement suspect… je ne déclenchais qu'avec parcimonie, une photo à la fois de crainte de lui faire peur.

 

 

Puis elle chercha à atteindre les dernières feuilles d'un églantier.

 

 

Elle se dirigea à nouveau vers moi, cherchant une odeur qui la renseignerait.

 

 

Je ne bougeais toujours pas, debout au bord du chemin. Mes bras commençaient à souffrir du poids de l'appareil mais tout mouvement aurait fait fuir les animaux, j'étais condamné à rester transformé en pierre !

 

 

La chevrette finit par se coucher, regardant toujours dans ma direction.

 

 

Je profitais des instants où elle se grattait pour changer un tout petit peu de position, bougeant mes bras engourdis de quelques centimètres.

 

 

Puis elle se releva et sembla décidée à découvrir quelle était la chose qui produisait ce bruit bizarre sur le chemin !

 

 

 

Elle tenta de humer le vent mais je le sentais régulier sur mes doigts en train de se geler, elle ne pouvait pas me sentir.

 

 

 

 

Toutes ces mimiques me firent sourire malgré mon immobilité totale.

 

Elle cherchait vraiment à identifier cette forme bruyante.

 

 

 

Ses démangeaisons la reprenaient par moments et me permettaient de détendre un tout petit peu mes bras.

 

 

 

Je m'attendais à tout moment à une fuite ponctuée d'aboiements mais elle fit demi-tour tranquillement et s'en alla rejoindre l'autre chevreuil.

 

 

 

Les deux continuaient de brouter en s'éloignant peu à peu et je commençais à trouver le temps très long, mes bras étaient tétanisés, mes doigts gelés… la sitelle que j'entendais taper sur le chêne tout proche allait finir par venir farfouiller dans mon oreille !

 

L'arrivée d'un cueilleur de cynorrhodons allait me délivrer de ma position, les chevreuils se sont mis à couvert discrètement et j'ai enfin pu bouger. ¾ d'heures se avaient passé depuis la première image ! J'ai rapidement vérifié les histogrammes sur l'écran de l'appareil, c'était tout bon heureusement.

Après m'être équipé complètement j'ai poursuivi mon repérage et retrouvé mes chevreuils un moment plus tard en cherchant à réaliser une image d'un troglodyte mignon.

 

 

La chevrette semblait prête pour une deuxième session de musculation imposée mais le terrain m'était très favorable, j'étais en contrebas dans un fossé et seule ma tête couverte de la cagoule (enfin !) dépassais.

 

 

 

Les deux chevreuils se sont dirigés en broutant vers le haut du pré.

 

 

 

Après qu'ils aient disparus j'ai trouvé une trace du goupil de tout à l'heure…

 

 

Ce secteur me semble bien prometteur, nul doute que j'y retournerais régulièrement.

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts - Communauté : La nature et ses secrets
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 17:05

C'est en espérant rencontrer les bouquetins que j'attaquais d'un bon pas les 800 mètres de dénivelé qui m'amèneraient dans un secteur que je sais fréquenté a cette époque.

La montée est rude en raquettes, je n'ai pas couru depuis Marseille-Cassis fin octobre et ma condition n'est pas au top, le gros rhume que je traine depuis 3 jours ne m'aide pas non plus, mais la montagne est belle, le soleil se lève sur les hauteurs et quelques mésanges huppés m'encouragent dans les pins.

Arrivé sur le plateau après un dernier raidillon bien sévère je m'offre un bon thé bien sucré et commence à prospecter à la jumelle les coins qui me paraissent favorables.

Pas de traces de bouquetins en vue, il va falloir chercher plus loin…

Je gagne une crête d’où j'aurais une vue plus dégagée lorsque je tombe sur des traces de renard, je suis la piste, espérant trouver un goupil en beau poil d'hiver mais il y a trop de traces emmêlées, le renard fréquente assidument le coin c'est sur mais il ne m'a pas attendu.

Depuis la crête je découvre les bouquetins avec les jumelles, ils sont sur un versant sud, en face de moi, juste 500 mètres plus haut…

Comme il faut que je redescende dans un vallon pour arriver au pied de leur versant c'est 700 mètres supplémentaires qu'il me faut grimper, et dire que j'ai lu que les bouquetins ont tendance à redescendre en hiver, c'est vrai a certains endroits et faux a d'autres.

Le vent dégage la neige plus rapidement sur les hauteurs, découvrant la végétation qui les nourrit.

Après une descente droit dans la pente en raquettes, dans une neige profonde j'arrive au pied du versant occupé, un autre thé pour se donner du courage et en avant !

La grimpette me semble moins dure que la première, il faut dire que j'aperçois un grand mâle sur la crête par moments, pourvu qu'ils m'attendent !

 

A peine arrivé a proximité des animaux qu'un aigle royal les survole, juste le temps de quelques images, heureusement que j'avais vérifié mes réglages en bas de la pente…

 

 

La photo n'est pas terrible mais l'émotion a été intense !

 

Je m'avance encore un peu puis m'assoie pour évaluer la situation, rassurer les animaux et envisager mes angles de prise de vue.

Les animaux sont dispersés à ma droite et à ma gauche, certains ruminent et d'autres broutent, je pose mon sac lentement et commence à faire quelques images.

 

 

 

Une étagne vient se poster à 5 mètres et m'observe longuement


 

Un grand mâle la rejoint, il porte un collier avec peut être un emetteur et une boucle d'oreilles jaune, c'est un des mâles originaires de Vanoise et réintroduit il y a quelques années.

Manifestement il s'est bien acclimaté, c'est le maitre du secteur et les autres mâles évitent toute confrontation avec lui.

 

 

Après quelques velléités de séduction il s'aperçoit que la femelle n'est pas encore prête et va s'asseoir un peu plus loin pour se gratter très délicatement les parties génitales !

 

 

 

Une toute jeune étagne se couche a quelques mètres et rumine tranquillement.

Focale 275…

 

 

Je suis entouré de bouquetins et prends le temps de changer d'objectif pour avoir une vue d'ensemble au grand angle (17mm)

A ma droite

 

 

A ma gauche

 

 

La jeune étagne s'est endormie pendant mes manipulations.

 

 

Je profite de ma chance en multipliant les photos.

 

 

 

 

 

Une étagne fait une sieste sur les rochers


 

Puis une autre se rapproche de moi au petit trot

 

 

Elle s'arrête à 3mètres et m'observe un moment

 

 

Elle est courtisée par un jeune mâle

 

 

Un jeune cabri m'observe aussi

 

 

J'ai passé 3 heures avec cette harde, sans presque me déplacer, fait 6 gigas de photos environ, il est temps de rentrer, la descente sera longue mais j'ai beaucoup de mal a plier bagage…

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton - Publié dans : Bouquetins
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /2009 15:29

La réserve de bisons d'Europe de Ste Eulalie en Margeride.

 

En ce mois de décembre 2008, de fortes chûtes de neige ont blanchi les paysages des Alpes, mais aussi du Massif Central. Les réunions familiales de fin d'année devant me faire traverser ce massif, je décide de joindre l'utile à l'agréable et de m'arrêter en Margeride, au nord de la Lozère.-  Un contact préalable et une réservation téléphonique : c'est tout bon, les bisons d'Europe n'attendent plus que moi (ou presque ! La réservation était pour le moins utile, tout est réservé le 1er janvier, ainsi que les deux jours suivants…)

Site web de la réserve : http://www.bisoneurope.com/

 

La réserve se trouve à Ste Eulalie et se visite suivant les saisons soit en calèche, soit en traineau à cheval. Pour avoir pratiqué les deux, le traineau possède un côté encore plus "magique", et il est de plus mieux adapté à la photographie pour peu que l'on ait la chance de monter à côté du meneur (en l'occurrence une charmante meneuse nommée Sandrine, qui va gentiment me permettre de prendre au mieux quelques images).

Les premiers mètres effectués dans la réserve me dépaysent complètement, je ne reconnais pas le chemin, les clôtures me semblent bien basses… Et pour cause : il est tombé par endroit bien 1 mètre 30 de neige et si elle a un peu fondu, il en reste un bon mètre d'épaisseur !

Les pins mughos sont enfouis sous cette marée blanche, créant un relief doux de creux et des bosses, et les pins sylvestres ont bien souffert des chutes de neige récentes. Notre guide indiquait que la casse était supérieure à la tempête de 2001.

 

Notre jument bretonne – Midinette - nous amène au plus prés des bisons qui se nourrissent du foin déposé à leur intention : l'odeur du cheval masque celle des hommes et tranquillise les gros ruminants, qui nous ignorent royalement, alors que nous sommes à peine à quelques mètres du troupeau. La réserve compte une trentaine de bisons d'Europe, qui se reproduisent depuis plusieurs années. Un seul mâle dominant va donner souche, après les "batailles" pendant le rut qui a lieu en août. Le personnel de la réserve n'intervient pas, ni dans les bagarres ni au moment de la mise en bas, sauf en cas de blessure grave : dans ce cas, le bison est anesthésié au fusil avant d'être soigné à part dans un corral. Une des plus vieilles femelles du troupeau a dix huit ans, et nous avons vu un petit né en août dernier.

 

 

Ce jeune était sur le chemin, à quelques mètres de nous.

 

 

Le Zoom 100/400 est monté sur le boitier et la proximité des animaux "m'oblige" à faire des portraits

 

 

Vieux mâle à contre jour

 

 

Les déplacements ne semblent pas leur poser de problèmes particuliers même s'ils préfèrent les chemins déjà tracés.

 

 

Un jeune mâle s'abreuve à la source

 

 

Les animaux ont un poil très épais

 

 

Mes conseils pour la photo : Soyez prêts, les animaux sont nombreux, parfois tout proches et vous n'aurez pas beaucoup de temps pour shooter, un deuxième boitier avec un grand angle monté sera un plus indéniable. Attention à ne pas être encombré d'un gros sac, la place est comptée sur le traineau. Réservez votre balade pour profiter des meilleures heures d'ensoleillement.


Eric Breyton

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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /2008 10:18

Cette année encore j'ai profité des congés de Noël pour monter voir les bouquetins, les chutes de neige en altitude ont poussé les animaux à descendre vers les vallées et c'est la période du rut.

A peine arrivé sur place, j'aperçois ce mâle qui se détache sur une arête rocheuse.

 

 

Il n'est pas question pour moi de tenter de le rejoindre, mes talents d'alpiniste sont bien inférieurs aux siens.

C'est donc vers les pentes d'éboulis au pied de cette falaise que je me dirige, la grimpette est rude, surtout quand on veut éviter de faire trop de bruit.

 

La lumière du soleil n'est pas encore arrivée sur ce versant mais les bouquetins sont bien présents, c'est un mâle dans la force de l'âge qui m'accueille.

 

 

Le soleil passe enfin par-dessus la crête et illumine les graminées.

 

 

La pente est très forte et même le bouquetin se déplace avec prudence.

 

 

Un peu plus haut c'est une étagne avec son cabri qui broute parmi les herbes.

 

 

Je les avais aperçus dans la falaise et j'espérais bien les retrouver par là.

 

 

 

 

L'étagne donne des signes d'inquiétude, je les laisse donc poursuivre leur repas  tranquilles.

 

Encore un peu plus haut c'est un grand mâle qui m'observe.

 

 

Il se dirige vers l'étagne pour lui faire des avances mais elle ne semble pas intéressée. Je suis mal placé pour les voir et ne peux me déplacer sans faire rouler des pierres, il vaut mieux que je m'éloigne pour les laisser à leurs amours.

Plus loin je tombe sur 2 mâles qui broutent les graminées, ils ne m'ont pas entendu, ni senti, je m'installe donc contre un arbre mort pour les attendre. Le plus vieux me découvre le premier, il m'observe un moment puis décide que je ne représente pas de danger et continue son repas.

 

 

Le plus jeune se montre plus inquiet et m'observe longuement.

 


 

Puis, rassuré sans doute par l'attitude de son ainé, il se remet à brouter.

 

En cherchant un endroit pour casser la croûte, je trouve cette vieille étagne, avec des cornes impressionnantes.

 

 

Un beau mâle l'accompagne dans ses déplacements.

 

 

Encore plus haut, j'aperçois un cabri, c'est en grimpant pour tenter de l'approcher que je croise la route de ce mâle, il a vu ou senti les étagnes et tente une approche amoureuse.

 

 

 

Malheureusement pour lui les étagnes restent de glace.

 

 

L'une d'elles me jette un regard en coin.

 

 

Elle est accompagnée d'un très jeune mâle et d'un cabri de l'année.

 

 

Le grand mâle entreprend l'ascension de la falaise.

 

 

Rejoint par la petite troupe.

 

 

C'est lors de la descente que je découvre cette femelle et son petit qui m'observent.

 

 

 

 

Un autre mâle broute en arrière plan.

 

 

Plus bas je retrouve les 2 mâles de ce matin, c'est l'occasion de faire un portrait sur fond de cimes enneigées.

 

 

Un dernier grand et vieux mâle se trouve sur mon chemin.

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton - Publié dans : Bouquetins - Communauté : La nature et ses secrets
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