Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /2008 00:00

Randonnée à deux sur les crêtes du Vercors au programme ce week-end. La balade est longue et la météo annonce du temps couvert en fin d'après-midi, c'est donc à cinq heures que le réveil sonne ce dimanche.

Deux chamois, un chevreuil et un renard aperçus pendant le trajet nous mettent en condition pour attaquer l'ascension dans la bonne humeur.

 

Renard depuis l'affût à roulettes.

 

Le sentier est agréable, serpentant entre prairie et sous bois, dans un décor qui m'évoque toujours les images du Canada.

A peine arrivés en vue du sommet un premier groupe de bouquetins nous accueille, il s'agit de femelles ou "étagnes" accompagnées de leurs jeunes des années passées.

 

 

C'est l'occasion de faire quelques images, la lumière est déjà dure et je suis à contre-jour mais le spectacle est charmant et il y a bien cinq à six cent mètres de vide à l'endroit où je devrais être pour avoir la bonne lumière, je reste donc tapi derrière mon rocher, après une approche accroupie.

 

 

 

C'est toujours frappant de voir à quel point les bouquetins sont tolérants dès lors que l'approche se fait par étapes, doucement, et obligatoirement collé au sol, le bon réflexe avec eux est de s'accroupir et de progresser assis en s'aidant des mains.

Ce n'est pas bon pour le tissu du pantalon mais ça permet de ne pas les inquiéter et d'observer des comportements intéressants.

 

 

Justement un des jeunes s'approche de sa mère et entame une tétée revigorante sous mes yeux, je suis aux anges c'est la première fois que je vois ça et je dois être à dix mètres au plus !

 


 

Les étagnes se déplacent tranquillement pour aller se recoucher un peu plus loin.

 

 

 

Une deuxième tétée se déroule sous mes yeux


 

 

 

Je les laisse donc tranquilles et reprends la montée pendant laquelle je trouve une  jeune étagne qui semble poser au bord du sentier, mon amie a prévu le scénario et s'est mise en position pour fixer le moment.


 

En pleine action  (photo Mireille)

 

Une petite pause barre de céréales et nous entamons une traversée de l'alpage en suivant les traces des bouquetins parmi quelques terriers de marmottes.

Un endroit rocheux au loin me semble propice pour eux et la découverte de quelques têtes dépassant de l'herbe me donne raison, ce sont d'abord quatre puis dix puis près de vingt bêtes qui sont allongées dans l'herbe encore pleine de rosée.

Ces chevrées sont fréquentes au moment des mises bas, les étagnes se rassemblent pour élever leurs jeunes.

 

 

Un grand troupeau de femelles avec des jeunes de l'année et de l'année précédente, certains sont vraiment tous jeunes et frêles. Les plus jeunes n'ont pas encore de cornes, lesquelles commencent à pousser vers 5 ou 6 semaines pour atteindre 5 à 12 centimètres la première année.

L'approche devra se faire avec une prudence particulière parce que je ne veux absolument pas risquer de faire fuir toute la troupe vers les éboulis en contrebas, le terrain herbeux ne se prête pas à la dissimulation et les bouquetins sont bien au dessus de moi.

C'est donc par une montée en zigzag sans jamais me diriger directement dans leur direction que je rejoindrais un point à leur niveau mais assez éloigné d'eux pour y poser mon sac et entamer l'approche en rampant.

Il n'est pas question de les inquiéter et je les observe sans cesse m'arrêtant à chaque signe d'intérêt de leur part pour des moments d'immobilité qui me permettent aussi de reprendre mon souffle.

Les étagnes sont bien tranquilles, ruminant en position allongée et les jeunes se tiennent tranquilles aussi.

 

 

Je rejoins lentement un poste derrière un petit monticule herbeux lorsque l'étagne la plus proche se lève, je m'arrête aussitôt, inquiet de l'avoir dérangée lorsqu'elle se recouche en me tournant le dos !

 

 

Je peux beaucoup mieux observer le troupeau maintenant, il est composé exclusivement de femelles et de leurs jeunes de cette année ou de l'année dernière, les jeunes mâles de trois ans se sont fait chasser au début des mises bas, ils ont dû rejoindre les groupes de mâles pour acquérir durement leur indépendance.


Deux des femelles semblent plus âgées, leurs cornes sont plus développées que chez leurs consœurs, une des deux est justement proche de moi, elle rumine, couchée sur le côté et ne manifeste aucun signe d'inquiétude.

 

 

Les jeunes l'entourent et se livrent à la sieste entrecoupée de grattages, de jeux et de bâillements.

 

 

 




Je passe un grand moment à observer les déplacements et les attitudes de la chevrée, je n'en ai jamais vu d'aussi importante et les jeunes sont très photogéniques

 

 

 

Une des mères s'est levée et a commencé à brouter en contrebas, elle s'est dirigée dans mon dos et je me retrouve entouré de bouquetins, surtout lorsque la vieille femelle la suit pour brouter à son tour.

Le déplacement de la femelle âgée est entouré de respect de la part des autres animaux, ils s'écartent de son passage sans qu'elle ait besoin de faire un écart.

 

 

Seul un jeune est menacé d'un petit coup de cornes auquel il échappe promptement

 

 

Deux nouvelles scènes de tétée se déroulent sous mes yeux, preuves que je ne cause pas de dérangement.

 



Les nuages s'accrochent parfois au sommet et changent les conditions de lumière,  faisant parfois disparaître la troupe dans la brume.

 

 



Certaines femelles se remettent à brouter et descendent lentement derrière un escarpement, je décide de ne pas les suivre et rejoint mon amie pour le pique nique.

Elle aussi a trouvé un troupeau de femelles dont nous nous éloignons un peu pour manger, c'est tout de même a à peine vingt mètres de la plus proche femelle que nous partageons notre repas !

 

 



Les martinets à ventre blancs recherchent des insectes au ras de la pente et passent parfois à un mètre de nous dans un sifflement d'ailes impressionnant.

Impossible de faire une photo, ils sont bien trop rapides et imprévisibles pour moi, mais quel ballet aérien magnifique ils nous offrent, ces oiseaux de près de soixante centimètres d'envergure passent au ras de la pelouse à toute vitesse pour saisir dans leur bec toujours ouvert les insectes de l'alpage.

 

Après ce repas nous reprenons le chemin du sommet pour retrouver le sentier lorsqu'un nouveau groupe de femelles se dirige lentement vers nous, certaines d'entre elles se défient pour des escarmouches aussitôt terminées dès que les cornes s'entrechoquent, une d'elles se lève même sur ses pattes arrières comme le font les mâles pour donner de la force à leurs coups.


 

Photo Mireille


 

Le chemin retrouvé, quelques dernières photos d'une femelle acrobate qui va chercher une touffe d'herbe dans la falaise et nous entamons la descente, les yeux et les cartes pleins d'images inoubliables.



Sur le chemin nous retrouvons quelques randonneurs qui font aussi des photos des "chamois" (dixit une randonneuse !), les animaux surveillent les humains mais ne semblent pas vraiment perturbés par leur présence.

C'est toujours un grand bonheur d'être admis par ces animaux dans leur environnement, quelques précautions basiques suffisent pour qu'ils veuillent bien tolérer notre présence, pensez-y si vous rencontrez des bouquetins lors de vos balades, s'accroupir permet les rendre plus confiants et de plus vous ferez de meilleures images à la hauteur des yeux des animaux.

 

La descente sera agrémentée de la rencontre d'un groupe d'Apollons, magnifiques papillons d'altitude.

 

 

 

Bibliographie : "Sur les traces des bouquetins d'Europe" d'Eric Weber chez Delachaux et Niestlé.

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton - Publié dans : Bouquetins
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 18:41

Un mail de l'ami Jack me propose une séance d'affût aux guêpiers, ça tombe bien il va enfin faire soleil ce soir là !

L'affût a été construit cet hiver avec un autre copain, quelques palettes, un peu de tissu et de filet de camouflage et voila un 4 étoiles pour photographe naturaliste.

Il est situé sur un site de nidification très fréquenté et les guêpiers sont habitués à la construction semi-enterrée qu'ils ont trouvée en revenant de migration.

Des perchoirs sont disposés de chaque côté de l'affût, pour profiter des lumiéres du matin ou du soir, les collégues ont bien calculé la distance, les branches sont esthétiques et fermement enfoncées dans le sable.
On s'installe vite dans le mètre cube, les objectifs sont passés sous les filets et l'attente commence.

Pas bien longue l'attente, les oiseaux ne sont pas farouches et retrouvent vite les perchoirs disposés à leur intention.

C'est un grand plaisir de pouvoir les observer et les photographier sans les déranger, leurs cris nous signalent de quel coté ils arrivent et nous avons droit à une grande variété de comportements.

Observation des environs

 

Préparation de la proie attrapée en la tapant sur la branche pour l'assommer




Préliminaires


Accouplement


et même rejet d'une pelote de réjection que Jack capture d'une rafale rapide.

 

Un des guêpiers se perche dans un peuplier pour observer à son tour  les photographes, il joue a cache-cache derrière les feuilles et j'ai des difficultés pour faire la mise au point sur son œil

 



Un photographe nous rend une petite visite, il prospecte divers sites dans la région et a été attiré par l'affût.

C'est l'occasion d'une discussion passionnée à voix basse, à 3 dans un mètre cube !

 

La séance se termine par de belles lumières de soleil couchant et j'ai du mal à me déplier pour sortir, j'ai oublié mon siège pliant et les  4 heures passées à genoux se font sentir…

 

Merci à toi, Jack, du partage, et rendez-vous en montagne ;-)

 

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /2008 13:38

Malgré la météo défavorable, j'ai envie de monter voir les chamois ce week-end, ils doivent être en train de perdre leurs longs poils d'hiver.

 

Une première balade de repérage dans une brume épaisse me montre des traces nombreuses, ils fréquentent donc toujours ces coins à cette période de l'année, leur alimentation d'herbe fraîche mouillée donne des crottes très molles, qui se décomposent rapidement.

 

Au détour d'une petite crête je suis surpris par un mouvement, c'est un éterlou qui est là, en pleine après midi, mon appareil est dans le sac, je ne pensais pas voir d'animaux à cette heure…

 Heureusement mon amie n'est pas loin, je lui fais signe et elle s'approche pour se voir presque arracher l'appareil des mains !

Son Nikon D70 équipé d'un 70/300 stabilisé me sera bien utile pour photographier cette chevrée, car il y a à présent 3 éterlous et une chèvre.

 

 

La brume est bien présente mais les animaux sont tout proches et je réussi quelques clichés avant que la chevrée ne plonge dans une cheminée au petit trot.

 





Cette chèvre commence à perdre ses longs poils d'hiver.

 

Les éterlous sont des jeunes nés l'année précédente, ils sont reconnaissables à leurs cornes qui ne dépassent pas les oreilles

 

Je décide de retourner dans ce coin le lendemain matin, la météo annonce des éclaircies…

Arrivé en haut je constate que les éclaircies se font attendre, et je prospecte le secteur parmi les fleurs alpines quand je me fais soudain "souffler" par un chamois, (c'est leur manière de donner l'alerte) mais j'ai beau chercher partout le guetteur, je ne vois rien dans le brouillard…

 

Sous un rocher une silhouette vague se détache à peine de la brume, c'est une chèvre, les jeunes ne doivent pas être bien loin, je suis à présent assis par terre le dos calé par le sac à dos, je suis repéré, aucun mouvement tournant n'est possible, il va falloir faire preuve de patience.

 

La chèvre m'observe longuement, un jeune la rejoint, je ne les aperçois que lorsqu'ils se détachent sur la crête, au moins 4 jeunes sont présents par intermittence, je ne bouge pas, ils doivent avoir du mal à me voir dans cette purée de pois.

 



La femelle déboule soudain vers moi, elle est à 15 mètres et continue a approcher, cherchant sans doute à identifier cette forme dans l'herbe.

 




Elle part sur la gauche, tranquillement, après avoir vu de quoi il retourne, et va jusqu'à la prochaine crête ou elle semble attendre.

 

Les jeunes sont moins téméraires et hésitent très longuement sur leur rocher.


Ils apparaissent et disparaissent au gré des bancs de brouillard et de leurs déplacements, un des 3 s'allonge, ils ne sont pas pressés de rejoindre la chèvre.

 

Le chien de la bergère qui aboie au loin a raison de leurs hésitations, ils descendent droit dans la pente par une cheminée dans la falaise.

Je rencontre encore 2 groupes de chamois mais trop éloignés pour faire des photos, une marmotte me guette sur son rocher, elle aussi doit attendre le soleil qui tarde à percer malgré de petits lambeaux de ciel bleu.

 



Un groupe de chocard et un pic noir criant dans le brouillard seront les seules autres bestioles observées au sommet.

 

Sur le chemin du retour, je rencontre un brocard allongé dans l'herbe, qui me laissera le photographier depuis la voiture

Eric Breyton.

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /2008 17:23

Certaines espèces animales nécessitent l'utilisation d'affût pour réaliser les prises de vue dans de bonnes conditions.

J'utilise 2 types d'affûts terrestres qui sont des adaptations de tentes et un affût flottant.

 

Le premier affût que j'ai confectionné est fait sur une tente Décathlon à 15 €, il est possible de dormir dedans, il pèse 3 kilos environ.

Le principe est simple, j'ai découpé un morceau de bâche PVC camo de façon à remplacer la face avant de la tente.

Une fenêtre de vision recouverte d'un filet ainsi qu'un "tube" pour glisser l'objectif complètent la nouvelle face avant.

Le tout se fixe sur la tente au moyen de petites pinces de bricolage.

Un filet camo léger de chez Jama permet de mieux dissimuler les formes.




 

Mon deuxième affût terrestre est monté sur la base d'un abri 0 seconds de Décathlon, il est très rapide à mettre en place et très léger.

La face avant est la même que celle utilisée pour le premier, un siège bas de camping est utilisé pour les deux affûts.

Cet affût permet des prises de vue à environ 30centimètres du sol, ce qui est utile pour les oiseaux au bain par exemple.

Le même filet camo complète le camouflage.





 

Affût flottant

Celui-ci est constitué d'une base flotteur en polystyrène extrudé recouvert de plexiglas, en forme de U, sur laquelle vient se poser une bâche type" chariot de western" montée sur une armature en tube PVC d'électricien .

Les plaques de polystyrènes sont collées au mastic colle en cartouche (Sika), une couche de peinture camo recouvre le tout.

Un support en inox permet de fixer la rotule Manfrotto 234RC utilisée à l'envers, de cette façon l'objectif est au ras de l'eau.

Une boite étanche incluse dans le flotteur, un bidon de vélo et un indispensable chiffon pour s'essuyer les mains complètent le montage.

La bâche est équipée de 4  fenêtres de vision (une grande devant et une sur chacune des autre faces), d'un "tube" pour l'objectif et d'élastiques pour bien maintenir le tout sur l'armature.

L'utilisation se fait en se mettant à l'eau en waders ou en combinaison de plongée.

Un viseur d'angle est très utile si le niveau d'eau est bas.







Matériel de prise de vue et accessoires :

Canon Eos 40 D

Canon 100/400 IS protégé par une chaussette Jama et une protection néopréne Jama

17/70 Sigma

Télécommande radio, lampe frontale, viseur d'angle, gants camo et accessoires de nettoyage.

Monopode Manfrotto 679 et rotule Manfrotto 234RC

Trépied Manfrotto 190 et rotule Feisol CB50

 

Par Eric Breyton - Publié dans : Bricolages
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 20:34

Depuis le festival de Montier où j'avais acheté leur livre sur l'aigle de Bonelli, j'avais prévu de faire un stage photo avec l'association Regard du vivant.

Rendez-vous pris avec Thomas, l'un des photographes de l'association, pour ce week-end de Pentecôte, la météo nous joue des tours et Thomas me téléphone pour déplacer le stage : il pleut sur le Languedoc et les conditions ne sont vraiment pas bonnes, il est bien embêté et moi aussi mais c'est vrai que sous la pluie il est difficile de faire un stage intéressant.

Finalement on reporte d'une journée et le stage peut commencer le dimanche après midi.

 

Une fois les affûts arrachés aux griffes de "Tornade" le chaton de la maison, nous nous mettons en route vers l'étang où une colonie dense de mouettes mélanocéphales nous attend.

Thomas est un très bon naturaliste et ornithologue et tout en conduisant il me fait observer une bonne vingtaine d'espèces différentes, autant des milieux de garrigues que des zones méditerranéennes humides.

Un flamand nain notamment est de passage sur l'étang, avec un groupe de flamands roses.

 

Les bas de combinaisons de plongée enfilés nous mettons les affûts à l'eau pour une séance de l'après midi, survolés par les allers-retours incessants des mouettes, sternes, échasses, flamands roses, tadornes et avocettes.


Thomas m'indique les îlots favorables et la bonne façon de les aborder selon la lumière du soleil.

Je suis à genoux dans l'affût, le matériel sur une rotule en U Manfrotto prêtée par Thomas et je débute en me dirigeant vers le premier îlot peuplé de mouettes mélanocéphales et d'une mouette rieuse irascible.

L'avancée se fait en "marchant" sur les genoux dans une vase qui favorise le glissé de jambe et qui me permettra de bien me stabiliser lors des prises de vue, c'est physique mais le niveau d'eau de 20 à 40 cm facilite les déplacements.


Une première approche en douceur me permet de prendre mes premiers clichés et de m'habituer aux réactions des oiseaux, il est nécessaire de s'arrêter dès que les mouettes donnent des signes de nervosité en regardant fixement l'affût, pour reprendre le mouvement lorsqu'elles vaquent à leurs occupations.


Le bruit est assez assourdissant et l'odeur de guano bien présente près des îlots, à certains moments je me suis cru transporté dans un de ces documentaires télévisés ou le commandant Cousteau nous emmenait au coeur de grandes colonies d'oiseaux de mer, avec l'odeur en prime !

Les scènes à observer sont légion et il faut faire de grands efforts pour se concentrer sur un seul individu tout en ayant l'œil pour repérer un éventuel comportement intéressant. Offrandes, batailles territoriales, bains et accouplements se succèdent.


La lumière est changeante, il passe de gros nuages par moment mais au moins le ciel couvert simplifie la gestion de l'exposition et m'évite de "cramer les  blancs" sur les plumages des oiseaux.

Je repère quelques sternes parmi les mouettes qui couvent, Thomas m'apprendra plus tard a différencier ces oiseaux que je ne vois jamais dans ma région.

Les prises de vue se succèdent, au sol ou en l'air, l'affût est très efficace, relativement facile à manier et à stabiliser, l'analyse des clichés faite le soir en rentrant me montrera toutefois que l'étang semble parfois être en pente, il va falloir se concentrer sur la ligne d'horizon pour la prochaine séance !

 Les flamands m'ont attendu et je peux faire quelques clichés du flamand nain égaré, avant qu'une soudaine envolée ne les porte plus loin sur l'étang.


Un des îlots est peuplé d'avocettes en pleine couvaison et de deux nids de sternes pierregarin, les nids sont vraiment sommaires, les œufs semblent comme abandonnés sur la terre jusqu'à ce qu'une avocette s'approche et s'installe en pliant ses longues pattes pour couver.



Le ballet des avocettes qui se chamaillent entre elles et avec les sternes est splendide et je passe un grand moment à les observer.



Un autre des îlots est peuplé de centaines de mouettes mélanocéphales, c'est un nouveau peuplement datant de cette année, la colonie est en extension sur ce secteur et quelques sternes caspiennes sont posées à l'extrémité de l'îlot.



Certaines mouettes se baignent, d'autres couvent, d'autres volent des brindilles dans les nids voisins, c'est une activité incessante dans les cris qui se déroule sous mes yeux, l'affût flottant permet vraiment d'être au cœur de la colonie sans dérangement pour les oiseaux, il suffit d'approcher très progressivement et d'éviter tout mouvement brusque.


Un  îlot plus grand abrite quelques sternes naines, trop éloignées du bord pour la photo au sol et trop vives pour moi pour les prendre en vol.

Un chevalier gambette fait un passage éclair.

 

Un couple de mouettes mélanocéphales s'accouple un long moment sous mes yeux, la femelle semble dormir en subissant les assauts du mâle !


Le soleil décline lentement et la lumière évolue, un groupe de sternes hansel me donne l'occasion de faire quelques photos dans cette lumière chaude, surtout une d'entre elles qui se toilette soigneusement devant l'objectif.

 



La mouette rieuse du début d'après-midi est toujours aussi irascible lorsque je repasse devant elle dans la lumière du couchant.


 

La sortie de l'eau se fait difficilement, mes jambes sont pliées depuis longtemps et mon pas n'est pas très sûr pour gravir la berge, on se change rapidement en admirant les oiseaux qui rentrent au dortoir, Thomas me montre des guifettes noires qui se posent sur un des îlots.

Il est 21 heures, le crépuscule est bien avancé, une chouette chevêche est encore aperçue sur le chemin du retour.

Le repas partagé avec Thomas est l'occasion d'une séance de débriefing et d'analyse rapide des clichés, j'ai "rempli" trois cartes de deux gigas, le tri sera long en rentrant !

Thomas me fait remarquer ma tendance à pencher lors de la prise de vue, à améliorer pour demain, même s'il est possible de corriger les photos en post-traitement autant soigner tous les détails lors de la prise de vue.

C'est en écoutant le chant du hibou petit duc qui couche sous les fenêtres que nous prenons rendez-vous pour le lendemain sous réserve d'une météo capricieuse.

A 5 heures Thomas frappe à la porte, le ciel est étoilé, il est temps de se mettre en route !

La combinaison froide est un bon moyen de se réveiller tout à fait, nous nous mettons à l'eau pour une deuxième séance d'affût.

Ce matin je pars sur la droite, vers un îlot où Thomas a observé hier une vingtaine de couples d'échasses, j'aime beaucoup ces oiseaux élégants et je veux essayer de faire quelques clichés.

Les échasses sont coopératives et me donnent l'occasion d'admirer leurs évolutions dans les lueurs de l'aube.



Les cris et les poursuites se succèdent, les nids sont cachés dans les herbes mais les oiseaux ne sont pas trop farouches et, à un moment, l'affût est entouré d'échasses sur 360°.


Un déplacement vers un des autres îlots me rapproche d'une troupe de flamands qui se baigne et se nourrit, un des couples m'offre même un accouplement forcément acrobatique vu la longueur de leurs pattes !

 

Je découvre plus loin un couple d'oiseaux différents des mouettes mélanocéphales, Thomas m'apprendra que ce sont des goélands railleurs.

 

Une femelle tadorne de Belon essaye de passer inaperçue au milieu des mouettes qu'elle dépasse de deux bonnes têtes.

 

La lumière est moins bonne ce matin, la couverture nuageuse est plus dense malgré quelques éclaircies.

Thomas est en train de faire quelques photos des sternes caspiennes en bordure du nouvel îlot à mélanos, son approche patiente toute en douceur l'amènera à 5 ou6 mètres des oiseaux, qui sont pourtant plus farouches que les mouettes.

Je fais quelques clichés de comportements et de vol, les sternes semblent apprécier les écrevisses, plusieurs d'entre elles faisant les frais de leur petit déjeuner.



Je cherche à faire des clichés de vols de sterne pierregarin lorsqu'une averse arrive sur l'étang, une avocette de passage me permet de "mettre en boîte" ce moment.


Thomas revient du fond de l'étang et nous décidons d'écourter la séance pour ce matin, on se change rapidement sous les attaques de moustiques qui ne craignent pas la pluie.


Le chemin du retour sera l'occasion de faire une "tournée" des coins favorables de la garrigue alentour, pour observer des pies grièches et rolliers, chaque fois Thomas m'indiquera comment il dispose ses affûts suivant le biotope concerné, c'est riche d'enseignements pour moi qui ne connais pas ces coins et ces espèces.

Une analyse rapide des clichés du matin en partageant un café sous les "attaques" de "Tornade le chaton" puis Thomas me dédicace mon exemplaire du livre sur le Bonelli et il est temps pour moi de prendre le chemin du retour.

 Je ramène 8 gigas de photos, environ 800 clichés à trier et d'excellents souvenirs de ce stage, un grand merci à Thomas et à sa compagne Christelle pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité.

La découverte des clichés sur mon écran étalonné me confirme mes impressions, certaines lumières sont très belles, le travail de dérawtisation* sera agréable.

 

 

*les clichés sont pris en format RAW sur mon boîtier et nécessitent un "développement" numérique pour exprimer tout leur potentiel en termes de couleurs et de contraste notamment.

Association regard du vivant : http://www.regard-du-vivant.fr/

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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