Mercredi 30 avril 2008 3 30 /04 /2008 17:27

 

"Bavette" porte appareil pour sac à dos

Un bricolage qui va vous permettre de vous balader en montagne sans avoir à porter votre appareil à bout de bras.
C'est une pièce de tissu doublée qui se fixe sur les sangles du sac à hauteur d'épaules, qui passe sous l'appareil porté en travers de la poitrine, des fermoirs permettent de tenir l'appareil dans le rabat du tissu.
Les fermoirs sont des clips classiques sur sangle trouvés chez Mondial tissu
La mousse est un échantillon de mousse isolante avec une partie alu (précieuse en cas de transpiration)

Les dimensions sont adaptées pour le 350 D et le 100/400, ça marche aussi avec le 40D, l'essentiel est que l'objectif soit assez long et lourd pour équilibrer le boîtier.
Je le fixe sur mes sacs à dos via des mousquetons et des anneaux brisés, il faut tâtonner un peu pour trouver la bonne hauteur sur les pectoraux.
C'est trés pratique lorsque l'on a besoin de ses mains soit pour les bâtons soit pour se tenir à un rocher. De plus le poids du matériel est ainsi réparti sur l'avant du corps.
Testé depuis 2 ans et jusqu'à 3000+ d'altitude !




Le patron : les 2 traits gris sont des coutures, il faut 2 piéces de tissu de 41 x 57 cm

Par Eric Breyton - Publié dans : Bricolages
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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /2008 18:45

 

Ce week-end la météo annonce enfin du beau, une petite virée aux chamois s'impose, ils doivent être en train de déguster les nouvelles pousses d'herbe verte entre les névés.

 

Réveil à 4h30, un café vite fait, le sac est déjà dans la voiture, en route vers les sommets.

En fait de sommets la route a bien failli s'arrêter 5 kilomètres plus loin : une chevrette est plantée au milieu de la route à la sortie d'un virage et malgré un freinage brutal et bruyant elle n'est pas pressée de rejoindre le pré d'à côté !

La décharge d'adrénaline me réveille tout à fait et la route se poursuit tranquillement, deux silhouettes au loin me font penser à des mouflons mais ils disparaissent dans la forêt.

Arrivé au parking je m'aperçois que la neige est encore gelée et croûtée, la montée va être dure !

Les oiseaux m'accompagnent de leurs chants, je reconnais quelques mésanges et pinsons et des merles.

Après un petit arrêt striptease pour quitter une polaire je parviens au sommet en même temps que le soleil, j'aurais du me lever une demi heure plus tôt…

Les chamois sont là, sur les prairies aux endroits où la neige a fondu, au moins une trentaine rassemblés en petits groupes.

Une première approche vers l'ouest, sur un mâle solitaire, en rampant sur la neige gelée. Il continue à brouter tranquillement tandis que je me dissimule derrière une touffe d'herbe. Le soleil n'est pas encore parvenu à cet endroit, le chamois est dans l'ombre, dommage pour les photos la lumière n'est pas de la partie.

 




















        
    

Au dessus de moi un groupe de 5 chamois apparaît sur une crête, ils sont dans la lumière rasante de l'aube, magnifiques et dorés !

Je fais donc un détour derrière une éminence du terrain pour aller me placer, j'en profite pour me rhabiller, la neige gelée c'est confortable pour ramper mais très froid. Un merle à plastron me frôle, ils sont nombreux aujourd'hui sur ces pentes.

Une approche à bon vent plus tard et je peux m'allonger sur une crête, les chamois sont sur la crête d'après, ils sont rassurés par la présence d'une petite combe entre eux et moi, ils broutent tranquillement, une hiérarchie est bien visible entre eux, quand certains se déplacent d'autres s'écartent de leur chemin.

 

      Je fais quelques clichés dans cette lumière magnifique, ils se déplacent lentement en broutant.

 


       


























Les prairies sont couvertes de crocus tout juste en fleurs mais l'herbe n'est pas encore poussée et je me demande bien ce qu'ils mangent, une observation attentive du terrain m'apprend qu'ils broutent les crocus, feuilles et fleurs sont mangés indifféremment.




























Ils finissent par disparaître derrière la crête, je ne veux pas les suivre pour ne pas les alerter, ils ont bien le droit de manger en paix, déjà que je suis couché sur leur petit déjeuner !

 



Un peu plus loin deux chamois sont allongés, je reprends ma reptation derrière la crête pour aller les voir.

 


Un groupe bruyant de chocards s'amusent dans les courants d'air, ces oiseaux ont une maîtrise de l'air extraordinaire.

 



Les deux chamois reprennent leur broutage et suivent le premier groupe, il est encore très tôt et je vois d'autres groupes de l'autre côté de la vallée, il est temps de traverser pour les rejoindre.

 

Je suis toujours a bon vent mais à découvert lorsque je débouche entre deux groupes de chamois, il y a 200 mètres entre les deux et aucune possibilité de se cacher.

Je décide donc de tracer droit entre les deux groupes, le groupe du Sud sera dans mon vent et donc ils ne devraient pas tarder à se déplacer.

Je ne veux affoler personne, je marche donc lentement sans trop regarder dans la direction des chamois, mon stratagème semble fonctionner, le groupe du sud s'éloigne tout en broutant et ceux du Nord m'ignorent.

Je m'allonge donc sur un névé et commence à ramper vers les chamois du Nord, il y a là de jeunes éterlous qui s'amusent sur le névé d'en face et tout d'un coup un des jeunes se met à faire des cabrioles incroyables dans la neige.

 

 

 


Je découvrirais sur la rafale de photos toutes les postures qu'il a prises, l'œil n'a pas le temps de tout fixer à vitesse réelle.

 



Une chévre regarde dans ma direction depuis un moment depuis un point haut sur un rocher, elle semble attendre….

 

Un tout jeune cabri la rejoint, il semble hésiter sur plusieurs rochers et n'a pas la sûreté de pied qu'on connaît aux adultes.

 



Ces deux là ont l'air de vouloir rejoindre le reste de la chevrée mais il leur faut passer assez prés de moi sur le névé pour le faire, ce que le cabri fait au grand galop tandis que la chèvre adopte un trot rapide juste pour le passage.

 

 

Ils vont rejoindre le groupe ou certains se sont couchés dans l'herbe.

 

Je quitte ce groupe pour les laisser se nourrir tranquillement, le soleil est bien monté maintenant et dois éclairer un autre versant de la montagne, ou il y avait pas mal de chamois tout à l'heure.

Il me faut escalader une crête assez raide pour rejoindre ce versant et je profite d'un petit replat pour quitter encore la polaire lorsque j'aperçois un mâle assez prés en contrebas, il est dans l'ombre prés d'un épicéa, je prends quelques photos puis pose le sac pour me changer.

Lorsque j'ai fini le mâle est toujours à fourrager bruyamment dans l'arbre, sans se soucier de ma présence, il est pourtant en plein dans mon vent et je fais du bruit avec le sac !

 

Lorsque j'arrive sur le versant ouest les chamois sont toujours là, une bonne quinzaine au total, l'approche va être difficile, c'est à découvert sur une pente d'herbe entrecoupée de névés. Je pose le sac en gardant sur moi les cartes mémoires et une batterie et commence une longue reptation dans l'herbe, c'est assez dur parce que la pente est forte et que ça glisse pas mal.

Je vais très lentement pour ne pas effaroucher les chamois, j'ai déjà remarqué que sur une pente nue, sans obstacles ni dénivelée entre eux et moi, ils sont plus craintifs.


A un moment j'ai peur d'avoir raté l'approche, il y a une ruée de jeunes dans la pente mais ce ne sont que quelques poursuites endiablées sur la neige.

 

 

 

Je suis en place et les chamois continuent à se nourrir sans montrer de signes d'inquiétudes lorsque deux jeunes déboulent au dessus, c'est la fin de la poursuite et ils se remettent à brouter.

 

Je suis maintenant entre deux groupes de chamois, impossible de bouger autrement que très, très lentement, il y a sept bêtes qui sont tournées dans ma direction et qui lèvent la tête à intervalles irréguliers pour observer les alentours.

 

J'arrive quand même a me caler dans la pente coché sur le côté, la position à plat ventre étant devenue intenable pour mes cervicales.

 

On reste ainsi ensemble plus d'une heure, je déclenche de temps en temps mais surtout j'observe la vie du groupe, un cabri et une chévre ont semblé se douter de quelque chose et regardent de temps en temps dans ma direction mais le camouflage fait merveille sur l'herbe sèche, et je ne bouge pratiquement plus, le vent est fort et de face pour moi, des conditions idéales.

 

Mon estomac me rappelle qu'il est déjà midi et qu'il serait temps de redescendre, comme les chamois broutent en montant je ne vois à présent que leur dos et je m'éloigne en rampant jusqu'à mon sac.

Ils ne m'ont pas vu repartir non plus et je suis très content de n'avoir dérangé personne.

 


Ils semblent en bonne santé au sortir de l'hiver sauf un ou deux qui sont plus maigres mais ils faut les laisser manger à présent.

Le groupe de chamois est toujours bien présent sur ces pentes et je redescends content de ma sortie.

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /2008 16:11

Une fois n'est pas coutume, c'est un petit mammifére dépourvu de cornes qui m'a fait une petite visite aujourd'hui : une souris qui a manifestement trouvé à son goût le bassin du jardin.
Pas trop farouche, la belle m'a laissé le temps de descendre en vitesse de mon bureau pour immortaliser l'instant.


     Le passage en rase motte d'une tourterelle a tout de même interrompu la toilette. 



Par Eric Breyton - Publié dans : Au jardin
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /2008 18:54

Sortie bouquetin en Maurienne

 

 

Ce 24 décembre la météo annonce une tempête de ciel bleu sur les Alpes, il a neigé dernièrement et les bouquetins devraient être descendus de leurs hauteurs ventées pour trouver de quoi manger.

Je me décide donc pour une excursion en Maurienne, les abords du Parc National de la Vanoise étant propices à de telles rencontres.

Lors de précédentes sorties j’avais déjà rencontré un vieux mâle dans le secteur où je me dirige.

La montée est rude, j’ai laissé de côté le sport ces temps-ci et je le paie cash.

La neige est bien porteuse, les raquettes sont inutiles pour l’instant, j’ai 500 mètres de dénivelée à faire et je suis le premier à passer sur le chemin ce matin, la fine couche immaculée me le prouve.

Au détour du chemin j’aperçois plusieurs zones d’où sont parties de mini avalanches laissant la végétation à nu, exposées au Sud et couvertes d’herbe haute et sèche, ce sont des coins idéaux pour les bouquetins en ce moment.

Un "buisson" marron foncé en bordure de zone attire mon attention, les jumelles me révèlent un chamois, M…. un chamois ! Il va me voir et faire fuir tous les animaux présents !

C'est bien ce qui se passe dans un premier temps, je me fais repérer de suite, le chamois entame une fuite très tranquille pour passer sur un autre versant en observant cet humain qui peine dans la neige.

 

En regardant de plus près le versant dégagé, j'aperçois des traces fraîches qui mènent vers une zone rocheuse, bouquetin ou chamois, je ne saurais dire mais je me dirige vers cette crête rocheuse.

Un bouquetin mâle en pleine force de l'âge broute tranquillement au milieu des rochers, il m'a vu mais reste bien tranquille.


200 mètres

 

 

 

de dénivelée nous séparent, je suis à découvert mais je tente ma chance très lentement, en zigzag dans la pente sans jamais me diriger directement vers lui.

de dénivelée nous séparent, je suis à découvert mais je tente ma chance très lentement, en zigzag dans la pente sans jamais me diriger directement vers lui.

 

 

Le chemin de randonnée en contrebas est assez fréquenté, il doit voir souvent passer des skieurs et autres randonneurs, je compte sur sa tolérance à l'espèce humaine.

Je vais faire les derniers 50 mètres de l'autre côté de la crête pour échapper à sa vue, je pose le sac ne gardant que l'appareil avec le 100/400 et des cartes et batteries au chaud dans mes poches.

Heureusement que je me suis déchargé, les pierres sont couvertes de glace et la neige est traître, par endroit je m'enfonce jusqu'au genou, je prends mon temps pour ne pas faire trop de bruit.

J'ai pris mes repères pour déboucher près de lui mais l'animal s'est déplacé pendant mon ascension et lorsque je passe lentement la tête au dessus de la crête, caché derrière l'appareil je suis à 5 mètres de lui !

 

Mon cœur s'emballe, je déclenche par réflexe et je me sens en mauvaise posture : je tiens sur un pied et un coude posé sur un rocher en équilibre instable et c'est un gros mâle, je le dérange, je suis trop près !

Je me répète que les bouquetins sont tolérants, que je n'ai jamais entendu parler d'un seul mouvement d'humeur de leur part….

Ses cornes sont impressionnantes, j'en ai déjà vues de plus grandes et de plus près mais jamais dans des conditions hivernales et c'était alors le bouquetin qui avait choisi de passer près de moi accroupi dans l'herbe.

Il ne bouge pas, se contente de m'observer, je me tasse le plus possible, arrive à poser une fesse dans la neige car ma jambe tétanise, et on passe un grand moment à se regarder….

 



 


Le bruit léger de l'appareil ne semble pas le déranger, je bouge très, très lentement pour varier mes cadrages et il se remet à brouter !

Il se déplace en broutant divers arbustes et herbes dégagés par le vent et me tolère dans son espace vital.

 



Au bout de deux heures passées ensemble, il s'installe tranquillement pour une sieste réparatrice, il est alors temps pour moi de songer à bouger, je ne sens plus ma fesse droite posée dans la neige malgré le collant thermique et mes jambes repliées sous moi sont très raides !

 



C'est en me retournant pour entamer ma descente que je réalise que ça va être dur, les roches sont très glissantes, le verglas qui les recouvre est en train de fondre et je ne vois pas où passer….

Je prends l'option de rejoindre presque en rampant la combe de neige, c'est de la profonde je m'enfonce jusqu'à la taille mais au moins si je tombe, je ne me ferais pas mal.

Je me retrouve 40 mètres plus bas que le bouquetin qui fait toujours une sieste ruminante et décide de pique-niquer sur une zone d'herbe dégagée par un départ d'avalanche.

Tout le temps de mon repas, le mâle est couché au dessus de moi, des randonneurs à ski passent plus loin sans le voir.

Je le regarde sans cesse, il ne bouge pas, rumine et somnole.

Après manger je remonte vers lui qui s'est remis à brouter, je choisis l'autre coté de la crête pour varier les cadrages et on passe encore une heure et demie ensemble à plus ou moins 10 mètres l'un de l'autre.
Il est plus tranquille qu'au début, je pense qu'il a jaugé ma vitesse de déplacement dans son environnement et compris que je ne représentais aucun danger pour lui.

 


Je fais des dizaines de photos dans des postures variées, le soleil est éclatant et le ciel d'un bleu magnifique.

 


Quand je pense que certains chasseurs des fédérations de l'Isère et de la Savoie voudraient inscrire ces animaux très tolérants au rang des espèces chassables !

 

 

Le mâle observe tranquillement les randonneurs qui passent sur le chemin en contrebas, sa couleur le fond dans les rochers, son pelage d'hiver est très épais, fait de plusieurs couches de poils qu'il perdra au printemps pour le grand bonheur des oiseaux qui en garnissent alors leur nid.

 

 

Je le quitte en le remerciant pour ce magnifique cadeau de Noël, 4 heures passées en compagnie du symbole du Parc de la Vanoise, mon mammifère préféré, sa majesté le Bouquetin.

 

 

 

 

 

Par Eric Breyton - Publié dans : Bouquetins
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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /2008 18:12

Ce dimanche, la météo prévoit du temps gris avec de la pluie en fin d'après-midi.

La neige du début de la semaine a dû faire redescendre les mammifères alpins des hauteurs où ils se réfugient habituellement.

Je pars donc pour une randonnée de repérage vers un endroit du Vercors où j’ai déjà aperçu des mouflons aux jumelles lors de précédentes sorties.

La balade se déroule sans difficulté majeure, j’observe plusieurs traces de sangliers, chevreuils, renards et les petites pattes d’ours du blaireau, la neige tient encore sur les versants nord, dans les combes à l’ombre.

Pas d’observations d’animaux, il y a pas mal de vent du sud et j’entends seulement une troupe de roitelets et quelques pinsons des arbres.

Je me résigne à rentrer bredouille et prends le chemin du retour lorsque je vois sur le versant d’en face une harde de mouflons qui broutent dans un pré.

Je viens de déboucher d’un bois et je m’accroupis immédiatement.

Ils ont l’air bien tranquilles et je compte 3 mâles, 3 femelles et un petit, couché dans l’herbe, il m’avait échappé à l’œil nu, il me faut le grossissement X8 de l’objectif pour le voir.

 

 

Mes premiers mouflons à portée raisonnable !

Je cherche une voie d’approche, je sais cette espèce très farouche, puisque chassée, par les hommes et par le loup.

Les mouflons sont de l’autre coté d’une petite vallée traversée par un ruisseau, des ronces en bordure de champ devraient cacher mon approche.

J’ai la chance d’être à bon vent, lequel est assez fort pour couvrir quelques bruits et emporter au loin mon odeur, un sentier dans le bois m’amènera près du ruisseau, je descends aussi vite et aussi silencieusement que possible lorsque je débusque 2 mâles à ma droite, je me jette à terre mais c’est peine perdue, ils sont en plein dans mon vent et fuient sans tarder.

La descente se poursuit, je remarque beaucoup de traces au sol, je suis en train de suivre le chemin  que les mouflons empruntent pour traverser la vallée.

Le ruisseau est vite traversé, et là ça se complique, les ronces sont par endroit infranchissables sans bruit, je dois me déporter vers l’est pour rester à bon vent.

A peine arrivé au débouché de la combe du ruisseau, j’aperçois plusieurs femelles et leurs jeunes qui fuient, toujours sur ma droite. J’ai bien peur d’avoir loupé cette occasion mais en m’approchant je vois ma harde qui continue à brouter à ma gauche.

Une première approche en rampant m’offre un point de vue partiel, je fais quelques clichés mais des branches et des herbes sont dans mon champ de vision, il va falloir se déplacer, les mouflons n’ont rien vu encore et vaquent à leurs occupations.

 Seul le petit qui ne broute pas a aperçu quelque chose et regarde dans ma direction.

 

Je retourne en rampant jusqu’au ruisseau pour le descendre un peu et trouver un meilleur point de vue.

Il me faut le retraverser et enjamber un bras mort, il y a des traces partout, c’est un point de passage.

 

Les ronces me causent encore quelques difficultés mais la motivation est là, quelques épines ne vont pas m’arrêter. Une prudente reptation m’amène au bord du pré, mes repères étaient bons je suis juste là  ou je voulais être.

Alors commence une belle partie de cache-cache avec un des jeunes mâles, il a vu quelque chose, ne sait pas ce que c’est, n’est pas vraiment inquiet mais prudent, il relève la tête de temps en temps, brusquement, et m’observe.

Il ne peut pas m’identifier à cette distance, il me suffit de ne pas bouger lorsqu’il regarde, je suis complètement allongé au sol, les pieds en contrebas grâce à la berge du ruisseau, le temps gris et mes vêtements de couleur neutre me camouflent dans les buissons.

 

 

Je fais quelques clichés de la harde, un des mâles est plus vieux que les 2 autres il a des cornes magnifiques

 

 

 

Le jeune se repose la plupart du temps, les adultes broutent avec entrain les premières pousses du printemps, ils semblent en bonne santé, pas trop maigres après l’hiver.

 

 

 

Le jeune vient téter sa mère qui semble aussi plus âgée que les 2 autres femelles, tout ce petit monde se méfie un peu de cette forme au bord du pré, mais le vent emporte le bruit léger des déclenchements et mon odeur.

 

Le bruit du vent dans les branches semble aussi les inquiéter par moment, ils se déplacent en broutant, se rapprochant tranquillement de moi.

 

 

Je me prépare à changer de carte mémoire  pour être sûr de ne plus avoir à bouger s’ils se rapprochent, quand soudain le vieux mâle dresse l’oreille, un bruit au loin l’a alerté.

 

C’est une moto de cross qui passe sur le chemin en contrebas et déclenche une fuite vers les bois au dessus.

 

 

Le démarrage est bien synchronisé, le jeune fuit au grand galop, il n’est pas très vieux, peut être quinze jours si je compare sa taille avec des agneaux, mais il a bien compris que le salut est dans la fuite !

Les adultes le rattrapent en quelques enjambées et se dirigent vers le haut du pré, certains au galop, la vieille femelle d’un trot allongé.

 

Ils disparaissent sous les arbres, me laissant tout ébahi de cette rencontre.

Le vieux mâle ferme la marche tandis que la harde est guidée par la femelle suivie de près par son petit.

C’était mes premières photos de mouflons et j’ai eu la chance de voir un groupe familial avec un tout jeune agneau.

Je ramène une centaine de clichés à trier, la lumière était faible et grise mais je savoure cette rencontre inattendue.

Eric 

 

Par Eric Breyton - Publié dans : Balades et affûts
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