Une visite chez mes parents en Ardèche m'a permis des faires des photos d'espèces peu communes sur mes mangeoires
semi-urbaines.
Les conditions de prise de vue sont très difficiles (;-)) : je suis installé derrière une fenêtre, devant un radiateur, la mangeoire
est à 2 mètres et les oiseaux se posent dans un pommier à fleurs (Everest) que les merles ont presque débarrassé des ses fruits en cette fin d'hiver.
La présence du double vitrage n'a pas affecté la qualité des images, prise a un angle de 45° environ par rapport à la
vitre.
Outre les mésanges, verdiers, moineaux et pinsons habituels il y avait quelques tarins des aulnes, ici un mâle :
Le chardonneret, toujours aussi élégant :
Les pinsons du Nord sont assez nombreux, ici un mâle qui a presque revêtu son capuchon noir estival
La petite mésange noire, avec sa calotte blanche derrière la tête
Et la star, assez farouche, mais qui fait la loi sur la mangeoire, Monsieur Gros bec, le bien nommé
Les plumes de la tête se dressent à volonté pour intimider les autres oiseaux
Je leur ai rendu une petite visite cette semaine, et j'ai eu la chance d'observer les vautours fauves et moines.
Les conditions climatiques sont parfaites pour les vautours, le vent souffle fort et régulier, venant du Nord et le soleil brille,
c'est moins favorable pour le photographe puisque les oiseaux s'élèvent très vite en s'appuyant sur les courants d'air ascendants.
Je suis un peu limité avec mon 100/400 ce qui m'amène à recadrer les photos.
Les oiseaux rechargent leurs aires de nidification :
Le vautour moine fait un passage au dessus de moi
Vol battu du vautour moine :
Puis ce sont des vautours fauves qui se rapprochent de la falaise dans des manœuvres de freinage, pattes sorties et ailes à demi
repliées.
La proximité avec ces oiseaux qui passent à hauteur d'homme le long des falaises est toujours aussi émouvante.
Ou comment transformer une sortie de repérage en séance de musculation !
On ne dira jamais assez combien il est important de bien se préparer dès le début de d'une sortie,
lorsqu'on part en quête d'animaux : la vérification des réglages de l'appareil et de la "perfection " de son camouflage permet d'éviter certains déboires…
Une chevrette rencontrée dés les premiers cents mètres d'une simple balade destinée au repérage
d'un secteur s'est chargée de me le rappeler.
Je progressais sur un chemin de randonnée et pensais m'équiper de mes gants et de ma cagoule dès
que je quitterais ce chemin pour m'enfoncer dans la forêt, quand j'ai aperçu une chevrette dans le pré au-dessus de moi. Elle broutait tranquillement au soleil et ne m'avait pas
aperçu.
Je me figeais instantanément. Le vent était face à moi, mais si elle levait la tête les taches
claires de mon visage et de mes mains n’allaient pas manquer d'attirer son attention. Je levais donc l'appareil tout doucement pour dissimuler au moins mon visage derrière le camouflage de
l'objectif.
J'en profitais pour faire un petit tour d'horizon : deux chevreuils broutaient tranquillement dans
ce pré ! Je ne pouvais pas bouger sans faire de bruit sur ce chemin en galets et mes gants et cagoule étaient bêtement inaccessibles dans mon sac à dos…
Je pestais contre mon étourderie lorsque l'un des chevreuils leva brusquement la tête vers le haut
du pré. Intrigué, je cherchais ce qui pouvait avoir attiré son attention quand j'aperçu un renard qui vaquait lui aussi à ses occupations.
Le chevreuil se remit à brouter et le renard poursuivit son chemin vers le bois. Toujours immobile
sur mon chemin, j'observais l'autre chevrette qui se rapprochait peu à peu de moi en broutant.
Puis les deux animaux furent bientôt tout proches.
Les bruits de déclenchement les intriguaient sans les inquiéter vraiment.
Une des chevrettes semblait souffrir de démangeaisons, elle se grattait souvent avec
vigueur.
Puis elle se dirigea dans ma direction, le bruit de l'appareil lui semblait visiblement suspect… je
ne déclenchais qu'avec parcimonie, une photo à la fois de crainte de lui faire peur.
Puis elle chercha à atteindre les dernières feuilles d'un églantier.
Elle se dirigea à nouveau vers moi, cherchant une odeur qui la renseignerait.
Je ne bougeais toujours pas, debout au bord du chemin. Mes bras commençaient à souffrir du poids de
l'appareil mais tout mouvement aurait fait fuir les animaux, j'étais condamné à rester transformé en pierre !
La chevrette finit par se coucher, regardant toujours dans ma direction.
Je profitais des instants où elle se grattait pour changer un tout petit peu de position, bougeant
mes bras engourdis de quelques centimètres.
Puis elle se releva et sembla décidée à découvrir quelle était la chose qui produisait ce bruit
bizarre sur le chemin !
Elle tenta de humer le vent mais je le sentais régulier sur mes doigts en train de se geler, elle
ne pouvait pas me sentir.
Toutes ces mimiques me firent sourire malgré mon immobilité totale.
Elle cherchait vraiment à identifier cette forme bruyante.
Ses démangeaisons la reprenaient par moments et me permettaient de détendre un tout petit peu mes
bras.
Je m'attendais à tout moment à une fuite ponctuée d'aboiements mais elle fit demi-tour
tranquillement et s'en alla rejoindre l'autre chevreuil.
Les deux continuaient de brouter en s'éloignant peu à peu et je commençais à trouver le temps très
long, mes bras étaient tétanisés, mes doigts gelés… la sitelle que j'entendais taper sur le chêne tout proche allait finir par venir farfouiller dans mon oreille !
L'arrivée d'un cueilleur de cynorrhodons allait me délivrer de ma position, les chevreuils se sont
mis à couvert discrètement et j'ai enfin pu bouger. ¾ d'heures se avaient passé depuis la première image ! J'ai rapidement vérifié les histogrammes sur l'écran de l'appareil, c'était tout bon
heureusement.
Après m'être équipé complètement j'ai poursuivi mon repérage et retrouvé mes chevreuils un moment
plus tard en cherchant à réaliser une image d'un troglodyte mignon.
La chevrette semblait prête pour une deuxième session de musculation imposée mais le terrain
m'était très favorable, j'étais en contrebas dans un fossé et seule ma tête couverte de la cagoule (enfin !) dépassais.
Les deux chevreuils se sont dirigés en broutant vers le haut du pré.
Après qu'ils aient disparus j'ai trouvé une trace du goupil de tout à l'heure…
Ce secteur me semble bien prometteur, nul doute que j'y retournerais
régulièrement.
La réserve de bisons d'Europe de Ste Eulalie en Margeride.
En ce mois de décembre 2008, de fortes chûtes de neige ont blanchi les paysages des Alpes, mais aussi du Massif Central. Les réunions familiales
de fin d'année devant me faire traverser ce massif, je décide de joindre l'utile à l'agréable et de m'arrêter en Margeride, au nord de la Lozère.- Un
contact préalable et une réservation téléphonique : c'est tout bon, les bisons d'Europe n'attendent plus que moi (ou presque ! La réservation était pour le moins utile, tout est réservé le
1er janvier, ainsi que les deux jours suivants…)
Site web de la réserve : http://www.bisoneurope.com/
La réserve se trouve à Ste Eulalie et se visite suivant les saisons soit en calèche, soit en traineau à cheval. Pour avoir pratiqué les deux, le
traineau possède un côté encore plus "magique", et il est de plus mieux adapté à la photographie pour peu que l'on ait la chance de monter à côté du meneur (en l'occurrence une charmante meneuse
nommée Sandrine, qui va gentiment me permettre de prendre au mieux quelques images).
Les premiers mètres effectués dans la réserve me dépaysent complètement, je ne reconnais pas le chemin, les clôtures me semblent bien basses… Et
pour cause : il est tombé par endroit bien 1 mètre 30 de neige et si elle a un peu fondu, il en reste un bon mètre d'épaisseur !
Les pins mughos sont enfouis sous cette marée blanche, créant un relief doux de creux et des bosses, et les pins sylvestres ont bien souffert des
chutes de neige récentes. Notre guide indiquait que la casse était supérieure à la tempête de 2001.
Notre jument bretonne – Midinette - nous amène au plus prés des bisons qui se nourrissent du foin déposé à leur intention : l'odeur du cheval
masque celle des hommes et tranquillise les gros ruminants, qui nous ignorent royalement, alors que nous sommes à peine à quelques mètres du troupeau. La réserve compte une trentaine de bisons
d'Europe, qui se reproduisent depuis plusieurs années. Un seul mâle dominant va donner souche, après les "batailles" pendant le rut qui a lieu en août. Le personnel de la réserve n'intervient
pas, ni dans les bagarres ni au moment de la mise en bas, sauf en cas de blessure grave : dans ce cas, le bison est anesthésié au fusil avant d'être soigné à part dans un corral. Une des plus
vieilles femelles du troupeau a dix huit ans, et nous avons vu un petit né en août dernier.
Ce jeune était sur le chemin, à quelques mètres de
nous.
Le Zoom 100/400 est monté sur le boitier et la proximité des animaux
"m'oblige" à faire des portraits
Vieux mâle à contre jour
Les déplacements ne semblent pas leur poser de problèmes particuliers
même s'ils préfèrent les chemins déjà tracés.
Un jeune mâle s'abreuve à la source
Les animaux ont un poil très épais
Mes conseils pour la photo : Soyez prêts, les animaux sont nombreux,
parfois tout proches et vous n'aurez pas beaucoup de temps pour shooter, un deuxième boitier avec un grand angle monté sera un plus indéniable. Attention à ne pas être encombré
d'ungros sac, la place est comptée sur le
traineau. Réservez votre balade pour profiter des meilleures heures d'ensoleillement.
Ce matin nous décidons avec mon fils d'aller voir les chamois dans la neige toute fraîche.
La météo avait prévu des éclaircies avec un fort vent de Sud, elle avait raison !
Un spectacle magnifique nous a accueillis prés du sommet, le vent soulevait la poudreuse dans une belle lumiére.
Les chamois se tenaient à l'abri sous les arbres sans doute car nous n'en avons vu que quelques uns.
Celui ci se cachait en contrebas du sentier, une seule corne visible, il a fini par se tourner et nous observer.
Nous avons poursuivi notre chemin puis fait demi tour pour l'appprocher plus facilement. Les rafales de vent couvraient le bruit des
raquettes dans la neige et nous avons pu approcher à 10 métres environ.
Il ruminait tranquillement, caché en partie par un rocher et ne s'est pas aperçu de notre présence.
Il s'agit sans doute d'une femelle d'aprés la courbure peu prononcé des cornes.