Rencontre avec les mouflons

Publié le par Eric Breyton

Ce dimanche, la météo prévoit du temps gris avec de la pluie en fin d'après-midi.

La neige du début de la semaine a dû faire redescendre les mammifères alpins des hauteurs où ils se réfugient habituellement.

Je pars donc pour une randonnée de repérage vers un endroit du Vercors où j’ai déjà aperçu des mouflons aux jumelles lors de précédentes sorties.

La balade se déroule sans difficulté majeure, j’observe plusieurs traces de sangliers, chevreuils, renards et les petites pattes d’ours du blaireau, la neige tient encore sur les versants nord, dans les combes à l’ombre.

Pas d’observations d’animaux, il y a pas mal de vent du sud et j’entends seulement une troupe de roitelets et quelques pinsons des arbres.

Je me résigne à rentrer bredouille et prends le chemin du retour lorsque je vois sur le versant d’en face une harde de mouflons qui broutent dans un pré.

Je viens de déboucher d’un bois et je m’accroupis immédiatement.

Ils ont l’air bien tranquilles et je compte 3 mâles, 3 femelles et un petit, couché dans l’herbe, il m’avait échappé à l’œil nu, il me faut le grossissement X8 de l’objectif pour le voir.

 

 

Mes premiers mouflons à portée raisonnable !

Je cherche une voie d’approche, je sais cette espèce très farouche, puisque chassée, par les hommes et par le loup.

Les mouflons sont de l’autre coté d’une petite vallée traversée par un ruisseau, des ronces en bordure de champ devraient cacher mon approche.

J’ai la chance d’être à bon vent, lequel est assez fort pour couvrir quelques bruits et emporter au loin mon odeur, un sentier dans le bois m’amènera près du ruisseau, je descends aussi vite et aussi silencieusement que possible lorsque je débusque 2 mâles à ma droite, je me jette à terre mais c’est peine perdue, ils sont en plein dans mon vent et fuient sans tarder.

La descente se poursuit, je remarque beaucoup de traces au sol, je suis en train de suivre le chemin  que les mouflons empruntent pour traverser la vallée.

Le ruisseau est vite traversé, et là ça se complique, les ronces sont par endroit infranchissables sans bruit, je dois me déporter vers l’est pour rester à bon vent.

A peine arrivé au débouché de la combe du ruisseau, j’aperçois plusieurs femelles et leurs jeunes qui fuient, toujours sur ma droite. J’ai bien peur d’avoir loupé cette occasion mais en m’approchant je vois ma harde qui continue à brouter à ma gauche.

Une première approche en rampant m’offre un point de vue partiel, je fais quelques clichés mais des branches et des herbes sont dans mon champ de vision, il va falloir se déplacer, les mouflons n’ont rien vu encore et vaquent à leurs occupations.

 Seul le petit qui ne broute pas a aperçu quelque chose et regarde dans ma direction.

 

Je retourne en rampant jusqu’au ruisseau pour le descendre un peu et trouver un meilleur point de vue.

Il me faut le retraverser et enjamber un bras mort, il y a des traces partout, c’est un point de passage.

 

Les ronces me causent encore quelques difficultés mais la motivation est là, quelques épines ne vont pas m’arrêter. Une prudente reptation m’amène au bord du pré, mes repères étaient bons je suis juste là  ou je voulais être.

Alors commence une belle partie de cache-cache avec un des jeunes mâles, il a vu quelque chose, ne sait pas ce que c’est, n’est pas vraiment inquiet mais prudent, il relève la tête de temps en temps, brusquement, et m’observe.

Il ne peut pas m’identifier à cette distance, il me suffit de ne pas bouger lorsqu’il regarde, je suis complètement allongé au sol, les pieds en contrebas grâce à la berge du ruisseau, le temps gris et mes vêtements de couleur neutre me camouflent dans les buissons.

 

 

Je fais quelques clichés de la harde, un des mâles est plus vieux que les 2 autres il a des cornes magnifiques

 

 

 

Le jeune se repose la plupart du temps, les adultes broutent avec entrain les premières pousses du printemps, ils semblent en bonne santé, pas trop maigres après l’hiver.

 

 

 

Le jeune vient téter sa mère qui semble aussi plus âgée que les 2 autres femelles, tout ce petit monde se méfie un peu de cette forme au bord du pré, mais le vent emporte le bruit léger des déclenchements et mon odeur.

 

Le bruit du vent dans les branches semble aussi les inquiéter par moment, ils se déplacent en broutant, se rapprochant tranquillement de moi.

 

 

Je me prépare à changer de carte mémoire  pour être sûr de ne plus avoir à bouger s’ils se rapprochent, quand soudain le vieux mâle dresse l’oreille, un bruit au loin l’a alerté.

 

C’est une moto de cross qui passe sur le chemin en contrebas et déclenche une fuite vers les bois au dessus.

 

 

Le démarrage est bien synchronisé, le jeune fuit au grand galop, il n’est pas très vieux, peut être quinze jours si je compare sa taille avec des agneaux, mais il a bien compris que le salut est dans la fuite !

Les adultes le rattrapent en quelques enjambées et se dirigent vers le haut du pré, certains au galop, la vieille femelle d’un trot allongé.

 

Ils disparaissent sous les arbres, me laissant tout ébahi de cette rencontre.

Le vieux mâle ferme la marche tandis que la harde est guidée par la femelle suivie de près par son petit.

C’était mes premières photos de mouflons et j’ai eu la chance de voir un groupe familial avec un tout jeune agneau.

Je ramène une centaine de clichés à trier, la lumière était faible et grise mais je savoure cette rencontre inattendue.

Eric 

 

Publié dans Balades et affûts

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Véronique 10/04/2008 17:34

merci pour toutes ces belles photos je m'en lasse pas.....