Stage affût flottant avec Thomas Roger, Regard du Vivant.

Publié le par Eric Breyton

Depuis le festival de Montier où j'avais acheté leur livre sur l'aigle de Bonelli, j'avais prévu de faire un stage photo avec l'association Regard du vivant.

Rendez-vous pris avec Thomas, l'un des photographes de l'association, pour ce week-end de Pentecôte, la météo nous joue des tours et Thomas me téléphone pour déplacer le stage : il pleut sur le Languedoc et les conditions ne sont vraiment pas bonnes, il est bien embêté et moi aussi mais c'est vrai que sous la pluie il est difficile de faire un stage intéressant.

Finalement on reporte d'une journée et le stage peut commencer le dimanche après midi.

 

Une fois les affûts arrachés aux griffes de "Tornade" le chaton de la maison, nous nous mettons en route vers l'étang où une colonie dense de mouettes mélanocéphales nous attend.

Thomas est un très bon naturaliste et ornithologue et tout en conduisant il me fait observer une bonne vingtaine d'espèces différentes, autant des milieux de garrigues que des zones méditerranéennes humides.

Un flamand nain notamment est de passage sur l'étang, avec un groupe de flamands roses.

 

Les bas de combinaisons de plongée enfilés nous mettons les affûts à l'eau pour une séance de l'après midi, survolés par les allers-retours incessants des mouettes, sternes, échasses, flamands roses, tadornes et avocettes.


Thomas m'indique les îlots favorables et la bonne façon de les aborder selon la lumière du soleil.

Je suis à genoux dans l'affût, le matériel sur une rotule en U Manfrotto prêtée par Thomas et je débute en me dirigeant vers le premier îlot peuplé de mouettes mélanocéphales et d'une mouette rieuse irascible.

L'avancée se fait en "marchant" sur les genoux dans une vase qui favorise le glissé de jambe et qui me permettra de bien me stabiliser lors des prises de vue, c'est physique mais le niveau d'eau de 20 à 40 cm facilite les déplacements.


Une première approche en douceur me permet de prendre mes premiers clichés et de m'habituer aux réactions des oiseaux, il est nécessaire de s'arrêter dès que les mouettes donnent des signes de nervosité en regardant fixement l'affût, pour reprendre le mouvement lorsqu'elles vaquent à leurs occupations.


Le bruit est assez assourdissant et l'odeur de guano bien présente près des îlots, à certains moments je me suis cru transporté dans un de ces documentaires télévisés ou le commandant Cousteau nous emmenait au coeur de grandes colonies d'oiseaux de mer, avec l'odeur en prime !

Les scènes à observer sont légion et il faut faire de grands efforts pour se concentrer sur un seul individu tout en ayant l'œil pour repérer un éventuel comportement intéressant. Offrandes, batailles territoriales, bains et accouplements se succèdent.


La lumière est changeante, il passe de gros nuages par moment mais au moins le ciel couvert simplifie la gestion de l'exposition et m'évite de "cramer les  blancs" sur les plumages des oiseaux.

Je repère quelques sternes parmi les mouettes qui couvent, Thomas m'apprendra plus tard a différencier ces oiseaux que je ne vois jamais dans ma région.

Les prises de vue se succèdent, au sol ou en l'air, l'affût est très efficace, relativement facile à manier et à stabiliser, l'analyse des clichés faite le soir en rentrant me montrera toutefois que l'étang semble parfois être en pente, il va falloir se concentrer sur la ligne d'horizon pour la prochaine séance !

 Les flamands m'ont attendu et je peux faire quelques clichés du flamand nain égaré, avant qu'une soudaine envolée ne les porte plus loin sur l'étang.


Un des îlots est peuplé d'avocettes en pleine couvaison et de deux nids de sternes pierregarin, les nids sont vraiment sommaires, les œufs semblent comme abandonnés sur la terre jusqu'à ce qu'une avocette s'approche et s'installe en pliant ses longues pattes pour couver.



Le ballet des avocettes qui se chamaillent entre elles et avec les sternes est splendide et je passe un grand moment à les observer.



Un autre des îlots est peuplé de centaines de mouettes mélanocéphales, c'est un nouveau peuplement datant de cette année, la colonie est en extension sur ce secteur et quelques sternes caspiennes sont posées à l'extrémité de l'îlot.



Certaines mouettes se baignent, d'autres couvent, d'autres volent des brindilles dans les nids voisins, c'est une activité incessante dans les cris qui se déroule sous mes yeux, l'affût flottant permet vraiment d'être au cœur de la colonie sans dérangement pour les oiseaux, il suffit d'approcher très progressivement et d'éviter tout mouvement brusque.


Un  îlot plus grand abrite quelques sternes naines, trop éloignées du bord pour la photo au sol et trop vives pour moi pour les prendre en vol.

Un chevalier gambette fait un passage éclair.

 

Un couple de mouettes mélanocéphales s'accouple un long moment sous mes yeux, la femelle semble dormir en subissant les assauts du mâle !


Le soleil décline lentement et la lumière évolue, un groupe de sternes hansel me donne l'occasion de faire quelques photos dans cette lumière chaude, surtout une d'entre elles qui se toilette soigneusement devant l'objectif.

 



La mouette rieuse du début d'après-midi est toujours aussi irascible lorsque je repasse devant elle dans la lumière du couchant.


 

La sortie de l'eau se fait difficilement, mes jambes sont pliées depuis longtemps et mon pas n'est pas très sûr pour gravir la berge, on se change rapidement en admirant les oiseaux qui rentrent au dortoir, Thomas me montre des guifettes noires qui se posent sur un des îlots.

Il est 21 heures, le crépuscule est bien avancé, une chouette chevêche est encore aperçue sur le chemin du retour.

Le repas partagé avec Thomas est l'occasion d'une séance de débriefing et d'analyse rapide des clichés, j'ai "rempli" trois cartes de deux gigas, le tri sera long en rentrant !

Thomas me fait remarquer ma tendance à pencher lors de la prise de vue, à améliorer pour demain, même s'il est possible de corriger les photos en post-traitement autant soigner tous les détails lors de la prise de vue.

C'est en écoutant le chant du hibou petit duc qui couche sous les fenêtres que nous prenons rendez-vous pour le lendemain sous réserve d'une météo capricieuse.

A 5 heures Thomas frappe à la porte, le ciel est étoilé, il est temps de se mettre en route !

La combinaison froide est un bon moyen de se réveiller tout à fait, nous nous mettons à l'eau pour une deuxième séance d'affût.

Ce matin je pars sur la droite, vers un îlot où Thomas a observé hier une vingtaine de couples d'échasses, j'aime beaucoup ces oiseaux élégants et je veux essayer de faire quelques clichés.

Les échasses sont coopératives et me donnent l'occasion d'admirer leurs évolutions dans les lueurs de l'aube.



Les cris et les poursuites se succèdent, les nids sont cachés dans les herbes mais les oiseaux ne sont pas trop farouches et, à un moment, l'affût est entouré d'échasses sur 360°.


Un déplacement vers un des autres îlots me rapproche d'une troupe de flamands qui se baigne et se nourrit, un des couples m'offre même un accouplement forcément acrobatique vu la longueur de leurs pattes !

 

Je découvre plus loin un couple d'oiseaux différents des mouettes mélanocéphales, Thomas m'apprendra que ce sont des goélands railleurs.

 

Une femelle tadorne de Belon essaye de passer inaperçue au milieu des mouettes qu'elle dépasse de deux bonnes têtes.

 

La lumière est moins bonne ce matin, la couverture nuageuse est plus dense malgré quelques éclaircies.

Thomas est en train de faire quelques photos des sternes caspiennes en bordure du nouvel îlot à mélanos, son approche patiente toute en douceur l'amènera à 5 ou6 mètres des oiseaux, qui sont pourtant plus farouches que les mouettes.

Je fais quelques clichés de comportements et de vol, les sternes semblent apprécier les écrevisses, plusieurs d'entre elles faisant les frais de leur petit déjeuner.



Je cherche à faire des clichés de vols de sterne pierregarin lorsqu'une averse arrive sur l'étang, une avocette de passage me permet de "mettre en boîte" ce moment.


Thomas revient du fond de l'étang et nous décidons d'écourter la séance pour ce matin, on se change rapidement sous les attaques de moustiques qui ne craignent pas la pluie.


Le chemin du retour sera l'occasion de faire une "tournée" des coins favorables de la garrigue alentour, pour observer des pies grièches et rolliers, chaque fois Thomas m'indiquera comment il dispose ses affûts suivant le biotope concerné, c'est riche d'enseignements pour moi qui ne connais pas ces coins et ces espèces.

Une analyse rapide des clichés du matin en partageant un café sous les "attaques" de "Tornade le chaton" puis Thomas me dédicace mon exemplaire du livre sur le Bonelli et il est temps pour moi de prendre le chemin du retour.

 Je ramène 8 gigas de photos, environ 800 clichés à trier et d'excellents souvenirs de ce stage, un grand merci à Thomas et à sa compagne Christelle pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité.

La découverte des clichés sur mon écran étalonné me confirme mes impressions, certaines lumières sont très belles, le travail de dérawtisation* sera agréable.

 

 

*les clichés sont pris en format RAW sur mon boîtier et nécessitent un "développement" numérique pour exprimer tout leur potentiel en termes de couleurs et de contraste notamment.

Association regard du vivant : http://www.regard-du-vivant.fr/

Publié dans Balades et affûts

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