Bivouac dans le Vercors

Publié le par Eric Breyton

Une bonne météo prévue pour ce weekend nous décide à aller bivouaquer dans la réserve des Hauts plateaux, une rapide étude des cartes (trop rapide…) et nous décidons d'un itinéraire pour rejoindre un coin ou j'ai déjà observé des bouquetins.

Les sacs sont lourds et la traversée est longue mais nous rencontrons en chemin plusieurs animaux, c'est d'abord un lièvre qui démarre prés de moi en faisant un bruit de chuintement bizarre, je ne l'aurais sans doute pas vu s'il était resté aplati au sol. Une belle course l'éloigne de nous sans que j'aie pu prendre un cliché.

 

Un crave à bec rouge nourrit un jeune posé au sol, un peu loin pour une bonne photo.

Deux chocards poussent des cris dans un petit gouffre, en m'approchant j'entends d'autre cris provenant du fond de ce gouffre, sans doute les jeunes qui sont au nid plus bas, je m'éloigne sans tenter de cliché pour ne pas déranger les oiseaux.

Nous arrivons sur un haut de falaise pour découvrir des traces de bouquetins, empreintes et crottes sur une assez grande superficie mais aucun animal visible aujourd'hui, ils sont ailleurs…

Les vautours fauves se posent sur une vire inaccessible, loin dans la falaise, et nous suivons un moment du regard leurs évolutions dans les airs.

L'examen de la carte nous pousse à faire un grand détour hors sentier pour rejoindre un autre coin propice aux bouquetins.

La marche n'est pas facile entre les lapiazs et les pins mais une femelle bec croisé pose un instant sur un arbre mort juste devant moi

 

 

Nous arrivons en fin d'après midi sur le deuxième site, les traces sont bien là, nous décidons de poser les sacs et de monter la tente dans le coin, un emplacement presque plat est vite trouvé et je pars en billebaude tenter de repérer les animaux.

Je n'ai pas fait 30 mètres que je vois un mâle bouquetin adulte en contrebas d'une petite falaise, une approche silencieuse me permet de m'apercevoir qu'il suit un chamois !

 

 

Le chamois semble dérangé par cet intérêt du bouquetin, il se déplace et choisi de commencer à escalader la petite falaise dans ma direction.

Je me mets en place au débouché d'un semblant de pas qui franchit la falaise mais le chamois à pris une vire au milieu de la pente  et s'est éloigné vers le Sud.

Je descends donc précautionneusement vers le bouquetin; lequel a attaqué une petite sieste et ne semble nullement dérangé par ma présence.

 

 

Je fais quelques portraits, la lumière est faible mais l'animal est coopératif, il se lève pour brouter un peu et se gratter l'oreille.


 


 



J'entends d'autres bouquetins qui fourragent dans des sapins plus loin, ils secouent des branches, soufflent par moment, mais je n'arrive pas à les voir de ma place.

Le bouquetin fait tranquillement le tour de ma position en broutant tranquillement, puis il va rejoindre ses congénères sous la falaise.

Je remonte vers le campement, la tente est presque montée par mon amie, encore quelques piquets et ce sera parfait.

On se fait la cuisine sous l'abside, le soleil est passé derrière la crête et un petit vent se lève, nous décidons donc de manger à l'abri de la toile.

La semoule aux fruits secs est rapidement avalée lorsque nous entendons des bruits de chute de pierres dans une falaise éloignée de cent mètres, il s'agit de mâles bouquetins qui descendent bruyamment.

Cinq mâles apparaissent tour à tour dans une trouée de la végétation, un des cinq se dirige droit sur nous, je fais quelques clichés de puis l'intérieur de la tente lorsque qu'un deuxième mâle, plus âgé que le premier vient droit sur nous en agitant la tête, il à l'air très décidé, c'est le bon moment pour se rappeler que le bouquetin est absolument pacifique…

 

 

 

Il s'arrête à exactement onze mètres de la tente (on a mesuré par la suite), nous toise longuement et décide de poursuivre son chemin vers un des nombreux passages dans la falaise qui se trouve en contrebas de la tente.

 

 

 


Le premier mâle s'est arrêté un peu plus loin et pars à l'opposé après un curieux étirement.

 

 

 

 il va rejoindre le reste du troupeau qui apparaît derrière une petite crête, deux puis quatre, puis huit puis douze mâles apparaissent sur cette crête, c'est un groupe assez homogène de grands mâles, avec un seul jeune de quatre ou cinq ans.

Ils sont magnifiques, en pelage d'été, bien nourris par l'herbe des Hauts Plateaux, laquelle a poussé à profusion en cette année bien arrosée.

 

 

 

Le troupeau se déplace lentement vers le Nord, en broutant, en se livrant à quelques escarmouches et simulacres de combat, les cornes claquent lorsque deux mâles se dressent sur leurs pattes arrière pour se jeter l'un contre l'autre de toute leur hauteur

 

 

 

La lumière est faible mais l'occasion est trop magnifique pour la laisser passer.


 

 

Le troupeau s'éloigne lentement en broutant et nous le laissons tranquille pour revenir vers la tente terminer notre repas.

Soudain c'est un chamois qui monte depuis la falaise inférieure et passe au dessus de la tente.

J'ai à peine le temps d'attraper l'appareil et de faire quelques clichés à la volée qu'il a déjà disparu dans les épicéas au dessus.

 

Après une nuit tranquille, nous nous remettons en route le lendemain pour explorer les pentes au dessus de notre campement, rapidement une chevrée de chamois apparaît entre les pins, nous sommes repérés et il n'est pas question d'entamer une poursuite aussi inutile photographiquement que dérangeante pour les jeunes cabris.

 

 



Un petit troupeau de six bouquetins et plusieurs chevrées de chamois sont découverts au fil de notre progression tandis que les vautours fauves nous survolent à basse altitude, ils cherchent les ascendances d'air chaud s'élevant des pentes.

 

Nous prenons tranquillement le long chemin du retour parmi la végétation du plateau en rencontrant quelques marmottes bien dodues.

 


Pour arriver en fin d'après midi en vue d'un grand troupeau de moutons étalé sur une crête, nous percevons bien leurs bêlements au loin lorsque nous entendons soudain de faibles bêlements dans notre dos.

Il s'agit d'un tout jeune agneau qui semble complètement perdu, très loin de son troupeau, aucune trace de sa mère n'est visible.

 

 

Je me dirige vers lui dans l'intention de le ramener vers le troupeau, en poussant à mon tour des bêlements, mon imitation doit être ressemblante puisque le jeune se précipite dans ma direction.

Il s'approche à quelques mètres mais reste sur ses gardes et fuis tout contact, j'arrive toutefois à le pousser en direction du troupeau qu'il se dépêche de rejoindre dés qu'il entend leurs bêlements.

 

 

Nous aurions mieux fait alors de suivre le troupeau qui descend vers un petit col puisque nous nous trompons de chemin en empruntant une vallée parallèle à celle qui ramène vers notre point de départ…

Nous sommes bien dans la bonne direction mais trop à l'ouest du chemin que nous ne voyons pas, après consultation de la carte nous ne trouvons toujours pas ou nous sommes, une seule décision s'impose, il faut grimper sur la crête la plus proche pour pouvoir se repérer en observant les sommets environnants.

Notre situation n'est pas critique, il fait grand beau, nous avons encore de l'eau et de la nourriture et la tente pour s'abriter mais nous avons perdu tout repère et le soleil commence à descendre dans le ciel.

C'est la première fois que ça m'arrive en montagne, ce relief de plateau vallonné est vraiment trompeur.

Une fois arrivé en haut du sommet situé à l'est nous apercevons des cimes familières et même le chemin qui nous ramènera à notre véhicule, une pause s'impose alors parce que nous sommes fatigués et qu'il nous reste encore un bon bout de chemin, le sommet est bordé de falaises coté Est et il nous faudra le contourner pour retrouver notre route.

Une dernière marmotte nous salue au passage de ses dents bien jaunes et nous entamons enfin la descente vers notre véhicule avec soulagement.

 

 

Eric Breyton

Publié dans Balades et affûts

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Marilou 13/08/2008 12:14

Très joli reportage ! Bienvenue dans la communauté "la nature et ses secrets"