Ben Loyal
Après ces bons moments passés avec les oiseaux de mer, direction l'intérieur des terres et le massif autour du Ben Loyal.
Ce sont de grandes étendues de landes à bruyères, de tourbières et de lacs, les seules forêts étant cultivées et protégées par des clôtures de 2 mètres.
Au bord d'un lac nous trouvons des oies sauvages, en groupe familial, 2 adultes et les oisons de l'année.
Sur la route une biche semble vouloir traverser devant nous, puis saute une clôture avant de disparaître.
Une place est libre pour stationner le véhicule et nous décidons de passer la nuit au bord d'un lac.
En pleine activité de préparation du repas (çad en plein apéro !) je regarde par la fenétre et aperçois des bois de cerfs se découper sur une crête
Branle bas de combat dans le camping car, j'abandonne ma Guinness, je m'équipe rapidement, passe très (trop) vite un peu d'anti-midges sur ma peau et commence mon approche le long de la route, à l'abri du talus.
Je m'aperçois rapidement qu'il y a 8 cerfs d'âges différents espacés sur la colline et je ne donne pas cher de mes chances d'approche dans ces conditions.
Le terrain est détrempé, comme me l'indiquent mes baskets pleines d'eau, c'est un mélange de bruyères, de mousses et de quelques graminées.
Aucun buisson, de rares cailloux, il va falloir ramper une fois l'abri du talus abandonné.
Je repère une petite éminence qui me semble propice et entame une lente reptation, les animaux me facilitent la tache en broutant consciencieusement.
Le vent est de trois-quarts a peu prés, s'il n'y a pas de rafales ça devrait aller…
Je m'installe sur la surface de mousse plus claire sous le soleil.
Les cerfs sont en velours, la peau qui recouvre les bois est encore présente a cette période de l'année.
Ils lèvent la tête par moment et prennent le vent provenant du véhicule dans lequel les côtelettes continuent de griller !
Les nuages passent et modifient sans cesse la qualité de la lumière.
Je suis bien installé sur mon petit sommet, allongé dans la bruyère et la mousse, dévoré par les midges à chaque endroit où ma peau est découverte (pas pris le temps de mettre des chaussettes par exemple….)
Je tente de profiter au mieux de ce moment extraordinaire, les cerfs ne m'ont pas repéré, ils sont bien plus intrigué par le véhicule, j'ai vraiment bien fait de me décaler de l'axe de celui-ci en suivant la route.
Il y a plusieurs âges mêlés dans cette bande de mâles
Il n'y a pas que moi à souffrir des attaques d'insectes.
J'ai eu peur que celui ci ne me repère.
Mais la traditionnelle période d'immobilité complète le rassure et il se remet à brouter.
Non sans jeter des coups d'œil de temps en temps dans ma direction
Un autre fait une petite sieste
Le groupe se dirige derrière une crête en broutant. Une dernière alerte avec celui-ci qui semble avoir perçu quelque chose.
Puis se rassure aussi
Et ils disparaissent, je suis resté 2 heures avec eux, j'ai l'estomac dans les talons et les chevilles en feu, mais je suis pourtant très heureux en retournant vers le véhicule.
Eric Breyton