Bouquetins de Noël 2010
Depuis plusieurs années j’ai pris l’habitude de faire une sortie bouquetin aux alentours de Noël dans la vallée de la Maurienne.
Les animaux sont alors très beaux, très fournis en poil pour affronter l’hiver et les prémices du rut laissent espérer des comportements intéressants.
Cette année encore les boucs étaient au rendez-vous et pas seulement eux…
En partant à l’aube je remarque du coin de l’œil prés de chez moi une forme arrondie dans un petit arbre au bord de la route, demi tour pour en avoir le cœur net et effectivement c’est bien une chevêche d’Athéna qui est posée sur cette branche. Je sors le matos et tente une image presque nocturne en montant dans les isos, à 3200.

Après une montée assez facile, je repère tout de suite un mâle dans la pente d’éboulis, aujourd’hui j’ai pris tout le matériel, 2 boitiers, le 500, le 100/400, etc.
Le sac est donc assez lourd et je peine pour escalader l’éboulis couvert de quelques centimètres de neige, le mâle est sympa, il m’attend patiemment

Puis 2 étagnes se présentent et attirent son attention.

Je me place sur leur trajet supposé, en travers de pente et déplie le trépied lorsqu’un deuxième mâle me déboule dessus, au vu des traces dans la neige je suis sur son chemin habituel…


Je jette de temps en temps un regard vers le ciel car je sais que le gypaète est présent dans ces vallées, le plafond nuageux est assez bas, et tout d’un coup je le vois cercler prés d’une arête rocheuse !

J’ai à présent rejoins un groupe de mâles qui grattent la neige pour se nourrir et il devient difficile d’être attentif au ciel et aux boucs dans le même instant.
Les animaux repoussent la neige du museau et ils sont assez comiques avec cette blancheur sur le nez

Le gypaète continue ses vols et je repère un autre oiseau, plus jeune sans doute.

Puis c’est un aigle royal qui cercle avec les gypaètes et les chocards !

Tout ce petit monde est encore bien haut dans le ciel mais leurs évolutions sans faire l’effort un coup d’aile sont magnifiques.

L’un des gypaètes passe sous les crêtes, au dessus d’un endroit où les arbres sont couverts de givre, je m’applique à le cadrer lors de ces passages et ce n’est que de retour à la maison, sur mon écran, que je découvrirais les bouquetins en crête qui l’observent.

Les chocards forment un grand vol dans une pompe d’air chaud et les rapaces en profitent aussi pour s’élever sans efforts.


Encore une journée-cadeau de Noël au royaume des bouquetins !
Eric Breyton