Bouquetins

Vendredi 6 novembre 2009

Grâce à une information d'un ami photographe paysagiste (merci Alain !) qui a rencontré récemment un groupe de mâles, je saute du lit vers 4h15 pour monter une nouvelle fois vers les bouquetins.

Mille mètres de dénivelée à la frontale plus tard, j'arrive sur les hauts plateaux déjà enneigés.

Un rapide tour d'horizon aux jumelles ne révèle aucun animal, pourtant "ils" sont dans le coin, les multiples crottes me le confirment…

Le soleil n'est pas encore au dessus des montagnes et j'aimerais trouver les animaux avant son lever pour bénéficier de la lumière dorée des premiers rayons.

Un premier animal  se montre en bougeant parmi les rochers, il est à l'ombre et un peu loin mais c'est le seul que je vois.

Je pars pour une approche prudente, ponctuée de pauses pour habituer l'animal à ma présence, c'est un beau mâle, pas encore dans la force de l'âge, entre 6 et 7 ans environ.

Il n'apprécie pas ma présence et se montre nerveux, je le laisse donc tranquille, d'autant que j'aperçois un bout de corne, plus bas, dans les branches d'un pin.

Approche silencieuse en contournant l'animal et, surprise, lui aussi sait se déplacer discrètement, il est venu vers moi et nous sommes à 5 mètres environ lorsque je lève la tête de derrière les rochers !

 


 

C'est un gros mâle, un de ceux vont obtenir les faveurs des étagnes pour le prochain rut.

 


 

Il me contourne tranquillement et se dirige vers la crête, suivi par le premier repéré et deux autres mâles sortis des rochers.

Sur cette crête, juste éclairée par les rayons du soleil levant se profile un chamois qui m'observe un moment avant de s'éloigner vers le nord.

 


 

3 mâles se rejoignent puis cheminent sur la crête.

 


 

 Je ne comprends tout d'abord pas leur manège puis remarque un groupe de bouquetins dans les pentes face à l'est, les 3 mâles semblent les attendre.

 


 


 

Les autres mâles montent vers la crête et c'est l'occasion de frictions pour établir la hiérarchie de ce groupe.

 


 

D'autres mâles apparaissent, venant du nord.

 


 

Quelques jeunes font des simulacres d'accouplement

 


 

D'autres remontent encore des pentes à l'est

 


 

Puis le groupe marque une pause, les frictions se multiplient, pas vraiment des combats acharnés qui créeraient trop de risques d'accident dans ce milieu très aérien, mais des confrontations destinées a établir un "classement" hiérarchique.

 


 

Seuls les animaux d'âge semblable se confrontent, les plus jeunes s'écartant vivement au passage des plus gros.

 


 


 

Il n'y a pas que moi à voir écourté mon sommeil, ce gros mâle baille, montrant sa langue rose et noire.

 


 

Quelques combats se déclenchent dans le groupe

 


 

Un des mâles cherche à identifier mon odeur, c'est un comportement qu'ils adoptent souvent pendant le rut, en présence des femelles.

 


 

Deux mâles semblent très liés et ne se quittent pas

 


 

 Soudain un des gros mâles se dresse sur les pattes arrières

 


 


 

Le bruit lors du choc des cornes est impressionnant mais ne fait pas reculer d'un poil l'autre mâle, ces combats me semblent être seulement des simulacres, une manière de tester les futurs adversaires.

 

La tension dans le groupe s'estompe, un des gros mâles commence une petite sieste, je les laisse donc à leurs occupations pour redescendre vers la vallée.

 


 

Eric Breyton

Par Eric Breyton
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Samedi 14 février 2009

C'est avec l'espoir de retrouver les bouquetins que nous sommes partis avec l'ami Jacques (http://www.jacqueslarrieu.com/), raquettes aux pieds pour affronter les pentes du Vercors.

Les chutes de neige récentes ont bien comblé les traces et nous sommes les premiers ce matin là, la partie en forêt est plutôt facile mais dés que nous débouchons des arbres la neige est plus épaisse, 50 cm de fraiche par endroit, et faire la trace devient ardu.

On se relaie en tête et on est bien content de voir apparaître un skieur de randonnée qui a suivi notre trace.

Il ne tarde pas a nous dépasser et c'est à notre tour de bénéficier de sa trace.

La montée est tout de même rude et l'arrivée sur le plateau est saluée par des rafales de vent et de neige qui nous glacent.


Le temps d'un thé avalé vite fait et nous partons plein Nord vers les pentes qui abritent les animaux.

Un tour d'horizon depuis une crête nous montre les bouquetins, ils sont très haut, sur une crête très exposée et montent vers le sommet.

L'approche ne semble pas possible depuis ce point de vue mais on décide de se rapprocher pour voir si certains animaux ne seraient pas plus bas.

Encore 2 kilomètres dans la neige gelée par endroits et le pronostic est confirmé, la pente en dessous des animaux est bien trop exposée aux départs d'avalanches pour nous permettre une approche, le risque estimé est a 3 sur une échelle de 5 et la prudence doit l'emporter sur l'envie de faire des images.

On fait tout de même quelques clichés de loin, je compte les animaux a la jumelle, ils sont 53 égrenés du haut en bas de la crête, mâles, femelles et cabris mélangés.






Un grand mâle ferme la marche, pataugeant dans la poudreuse, c'est le mâle marqué jaune oreille gauche, je verrais plus tard la trace du collier sur les photos agrandies, ce mâle, né en Vanoise a été relâché en 2002 de l'autre coté du massif, dans le Royans, il a traversé pour rejoindre le troupeau des balcons Est !




Un crop de l'image me montrera même sa marque auriculaire, c'est bien "Jauni" qui rejoint la troupe lentement.




Ce n'est pas aujourd'hui que je pourrais lui tirer le portrait à quelques mètres de distance !

Cette photo a été prise il y a quelques semaines :




Je ferais parvenir ces infos aux gardes du Parc pour le suivi des réintroductions puisque l'identification est certaine.


On se résout à redescendre, le vent a comblé nos traces par endroit, tant pis pour les photos cette fois-ci, ce sera pour une autre fois ...

Eric Breyton

Par Eric Breyton
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Dimanche 18 janvier 2009

C'est en espérant rencontrer les bouquetins que j'attaquais d'un bon pas les 800 mètres de dénivelé qui m'amèneraient dans un secteur que je sais fréquenté a cette époque.

La montée est rude en raquettes, je n'ai pas couru depuis Marseille-Cassis fin octobre et ma condition n'est pas au top, le gros rhume que je traine depuis 3 jours ne m'aide pas non plus, mais la montagne est belle, le soleil se lève sur les hauteurs et quelques mésanges huppés m'encouragent dans les pins.

Arrivé sur le plateau après un dernier raidillon bien sévère je m'offre un bon thé bien sucré et commence à prospecter à la jumelle les coins qui me paraissent favorables.

Pas de traces de bouquetins en vue, il va falloir chercher plus loin…

Je gagne une crête d’où j'aurais une vue plus dégagée lorsque je tombe sur des traces de renard, je suis la piste, espérant trouver un goupil en beau poil d'hiver mais il y a trop de traces emmêlées, le renard fréquente assidument le coin c'est sur mais il ne m'a pas attendu.

Depuis la crête je découvre les bouquetins avec les jumelles, ils sont sur un versant sud, en face de moi, juste 500 mètres plus haut…

Comme il faut que je redescende dans un vallon pour arriver au pied de leur versant c'est 700 mètres supplémentaires qu'il me faut grimper, et dire que j'ai lu que les bouquetins ont tendance à redescendre en hiver, c'est vrai a certains endroits et faux a d'autres.

Le vent dégage la neige plus rapidement sur les hauteurs, découvrant la végétation qui les nourrit.

Après une descente droit dans la pente en raquettes, dans une neige profonde j'arrive au pied du versant occupé, un autre thé pour se donner du courage et en avant !

La grimpette me semble moins dure que la première, il faut dire que j'aperçois un grand mâle sur la crête par moments, pourvu qu'ils m'attendent !

 

A peine arrivé a proximité des animaux qu'un aigle royal les survole, juste le temps de quelques images, heureusement que j'avais vérifié mes réglages en bas de la pente…

 

 

La photo n'est pas terrible mais l'émotion a été intense !

 

Je m'avance encore un peu puis m'assoie pour évaluer la situation, rassurer les animaux et envisager mes angles de prise de vue.

Les animaux sont dispersés à ma droite et à ma gauche, certains ruminent et d'autres broutent, je pose mon sac lentement et commence à faire quelques images.

 

 

 

Une étagne vient se poster à 5 mètres et m'observe longuement


 

Un grand mâle la rejoint, il porte un collier avec peut être un emetteur et une boucle d'oreilles jaune, c'est un des mâles originaires de Vanoise et réintroduit il y a quelques années.

Manifestement il s'est bien acclimaté, c'est le maitre du secteur et les autres mâles évitent toute confrontation avec lui.

 

 

Après quelques velléités de séduction il s'aperçoit que la femelle n'est pas encore prête et va s'asseoir un peu plus loin pour se gratter très délicatement les parties génitales !

 

 

 

Une toute jeune étagne se couche a quelques mètres et rumine tranquillement.

Focale 275…

 

 

Je suis entouré de bouquetins et prends le temps de changer d'objectif pour avoir une vue d'ensemble au grand angle (17mm)

A ma droite

 

 

A ma gauche

 

 

La jeune étagne s'est endormie pendant mes manipulations.

 

 

Je profite de ma chance en multipliant les photos.

 

 

 

 

 

Une étagne fait une sieste sur les rochers


 

Puis une autre se rapproche de moi au petit trot

 

 

Elle s'arrête à 3mètres et m'observe un moment

 

 

Elle est courtisée par un jeune mâle

 

 

Un jeune cabri m'observe aussi

 

 

J'ai passé 3 heures avec cette harde, sans presque me déplacer, fait 6 gigas de photos environ, il est temps de rentrer, la descente sera longue mais j'ai beaucoup de mal a plier bagage…

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton
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Lundi 29 décembre 2008

Cette année encore j'ai profité des congés de Noël pour monter voir les bouquetins, les chutes de neige en altitude ont poussé les animaux à descendre vers les vallées et c'est la période du rut.

A peine arrivé sur place, j'aperçois ce mâle qui se détache sur une arête rocheuse.

 

 

Il n'est pas question pour moi de tenter de le rejoindre, mes talents d'alpiniste sont bien inférieurs aux siens.

C'est donc vers les pentes d'éboulis au pied de cette falaise que je me dirige, la grimpette est rude, surtout quand on veut éviter de faire trop de bruit.

 

La lumière du soleil n'est pas encore arrivée sur ce versant mais les bouquetins sont bien présents, c'est un mâle dans la force de l'âge qui m'accueille.

 

 

Le soleil passe enfin par-dessus la crête et illumine les graminées.

 

 

La pente est très forte et même le bouquetin se déplace avec prudence.

 

 

Un peu plus haut c'est une étagne avec son cabri qui broute parmi les herbes.

 

 

Je les avais aperçus dans la falaise et j'espérais bien les retrouver par là.

 

 

 

 

L'étagne donne des signes d'inquiétude, je les laisse donc poursuivre leur repas  tranquilles.

 

Encore un peu plus haut c'est un grand mâle qui m'observe.

 

 

Il se dirige vers l'étagne pour lui faire des avances mais elle ne semble pas intéressée. Je suis mal placé pour les voir et ne peux me déplacer sans faire rouler des pierres, il vaut mieux que je m'éloigne pour les laisser à leurs amours.

Plus loin je tombe sur 2 mâles qui broutent les graminées, ils ne m'ont pas entendu, ni senti, je m'installe donc contre un arbre mort pour les attendre. Le plus vieux me découvre le premier, il m'observe un moment puis décide que je ne représente pas de danger et continue son repas.

 

 

Le plus jeune se montre plus inquiet et m'observe longuement.

 


 

Puis, rassuré sans doute par l'attitude de son ainé, il se remet à brouter.

 

En cherchant un endroit pour casser la croûte, je trouve cette vieille étagne, avec des cornes impressionnantes.

 

 

Un beau mâle l'accompagne dans ses déplacements.

 

 

Encore plus haut, j'aperçois un cabri, c'est en grimpant pour tenter de l'approcher que je croise la route de ce mâle, il a vu ou senti les étagnes et tente une approche amoureuse.

 

 

 

Malheureusement pour lui les étagnes restent de glace.

 

 

L'une d'elles me jette un regard en coin.

 

 

Elle est accompagnée d'un très jeune mâle et d'un cabri de l'année.

 

 

Le grand mâle entreprend l'ascension de la falaise.

 

 

Rejoint par la petite troupe.

 

 

C'est lors de la descente que je découvre cette femelle et son petit qui m'observent.

 

 

 

 

Un autre mâle broute en arrière plan.

 

 

Plus bas je retrouve les 2 mâles de ce matin, c'est l'occasion de faire un portrait sur fond de cimes enneigées.

 

 

Un dernier grand et vieux mâle se trouve sur mon chemin.

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton
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Mardi 29 juillet 2008

Randonnée à deux sur les crêtes du Vercors au programme ce week-end. La balade est longue et la météo annonce du temps couvert en fin d'après-midi, c'est donc à cinq heures que le réveil sonne ce dimanche.

Deux chamois, un chevreuil et un renard aperçus pendant le trajet nous mettent en condition pour attaquer l'ascension dans la bonne humeur.

 

Renard depuis l'affût à roulettes.

 

Le sentier est agréable, serpentant entre prairie et sous bois, dans un décor qui m'évoque toujours les images du Canada.

A peine arrivés en vue du sommet un premier groupe de bouquetins nous accueille, il s'agit de femelles ou "étagnes" accompagnées de leurs jeunes des années passées.

 

 

C'est l'occasion de faire quelques images, la lumière est déjà dure et je suis à contre-jour mais le spectacle est charmant et il y a bien cinq à six cent mètres de vide à l'endroit où je devrais être pour avoir la bonne lumière, je reste donc tapi derrière mon rocher, après une approche accroupie.

 

 

 

C'est toujours frappant de voir à quel point les bouquetins sont tolérants dès lors que l'approche se fait par étapes, doucement, et obligatoirement collé au sol, le bon réflexe avec eux est de s'accroupir et de progresser assis en s'aidant des mains.

Ce n'est pas bon pour le tissu du pantalon mais ça permet de ne pas les inquiéter et d'observer des comportements intéressants.

 

 

Justement un des jeunes s'approche de sa mère et entame une tétée revigorante sous mes yeux, je suis aux anges c'est la première fois que je vois ça et je dois être à dix mètres au plus !

 


 

Les étagnes se déplacent tranquillement pour aller se recoucher un peu plus loin.

 

 

 

Une deuxième tétée se déroule sous mes yeux


 

 

 

Je les laisse donc tranquilles et reprends la montée pendant laquelle je trouve une  jeune étagne qui semble poser au bord du sentier, mon amie a prévu le scénario et s'est mise en position pour fixer le moment.


 

En pleine action  (photo Mireille)

 

Une petite pause barre de céréales et nous entamons une traversée de l'alpage en suivant les traces des bouquetins parmi quelques terriers de marmottes.

Un endroit rocheux au loin me semble propice pour eux et la découverte de quelques têtes dépassant de l'herbe me donne raison, ce sont d'abord quatre puis dix puis près de vingt bêtes qui sont allongées dans l'herbe encore pleine de rosée.

Ces chevrées sont fréquentes au moment des mises bas, les étagnes se rassemblent pour élever leurs jeunes.

 

 

Un grand troupeau de femelles avec des jeunes de l'année et de l'année précédente, certains sont vraiment tous jeunes et frêles. Les plus jeunes n'ont pas encore de cornes, lesquelles commencent à pousser vers 5 ou 6 semaines pour atteindre 5 à 12 centimètres la première année.

L'approche devra se faire avec une prudence particulière parce que je ne veux absolument pas risquer de faire fuir toute la troupe vers les éboulis en contrebas, le terrain herbeux ne se prête pas à la dissimulation et les bouquetins sont bien au dessus de moi.

C'est donc par une montée en zigzag sans jamais me diriger directement dans leur direction que je rejoindrais un point à leur niveau mais assez éloigné d'eux pour y poser mon sac et entamer l'approche en rampant.

Il n'est pas question de les inquiéter et je les observe sans cesse m'arrêtant à chaque signe d'intérêt de leur part pour des moments d'immobilité qui me permettent aussi de reprendre mon souffle.

Les étagnes sont bien tranquilles, ruminant en position allongée et les jeunes se tiennent tranquilles aussi.

 

 

Je rejoins lentement un poste derrière un petit monticule herbeux lorsque l'étagne la plus proche se lève, je m'arrête aussitôt, inquiet de l'avoir dérangée lorsqu'elle se recouche en me tournant le dos !

 

 

Je peux beaucoup mieux observer le troupeau maintenant, il est composé exclusivement de femelles et de leurs jeunes de cette année ou de l'année dernière, les jeunes mâles de trois ans se sont fait chasser au début des mises bas, ils ont dû rejoindre les groupes de mâles pour acquérir durement leur indépendance.


Deux des femelles semblent plus âgées, leurs cornes sont plus développées que chez leurs consœurs, une des deux est justement proche de moi, elle rumine, couchée sur le côté et ne manifeste aucun signe d'inquiétude.

 

 

Les jeunes l'entourent et se livrent à la sieste entrecoupée de grattages, de jeux et de bâillements.

 

 

 




Je passe un grand moment à observer les déplacements et les attitudes de la chevrée, je n'en ai jamais vu d'aussi importante et les jeunes sont très photogéniques

 

 

 

Une des mères s'est levée et a commencé à brouter en contrebas, elle s'est dirigée dans mon dos et je me retrouve entouré de bouquetins, surtout lorsque la vieille femelle la suit pour brouter à son tour.

Le déplacement de la femelle âgée est entouré de respect de la part des autres animaux, ils s'écartent de son passage sans qu'elle ait besoin de faire un écart.

 

 

Seul un jeune est menacé d'un petit coup de cornes auquel il échappe promptement

 

 

Deux nouvelles scènes de tétée se déroulent sous mes yeux, preuves que je ne cause pas de dérangement.

 



Les nuages s'accrochent parfois au sommet et changent les conditions de lumière,  faisant parfois disparaître la troupe dans la brume.

 

 



Certaines femelles se remettent à brouter et descendent lentement derrière un escarpement, je décide de ne pas les suivre et rejoint mon amie pour le pique nique.

Elle aussi a trouvé un troupeau de femelles dont nous nous éloignons un peu pour manger, c'est tout de même a à peine vingt mètres de la plus proche femelle que nous partageons notre repas !

 

 



Les martinets à ventre blancs recherchent des insectes au ras de la pente et passent parfois à un mètre de nous dans un sifflement d'ailes impressionnant.

Impossible de faire une photo, ils sont bien trop rapides et imprévisibles pour moi, mais quel ballet aérien magnifique ils nous offrent, ces oiseaux de près de soixante centimètres d'envergure passent au ras de la pelouse à toute vitesse pour saisir dans leur bec toujours ouvert les insectes de l'alpage.

 

Après ce repas nous reprenons le chemin du sommet pour retrouver le sentier lorsqu'un nouveau groupe de femelles se dirige lentement vers nous, certaines d'entre elles se défient pour des escarmouches aussitôt terminées dès que les cornes s'entrechoquent, une d'elles se lève même sur ses pattes arrières comme le font les mâles pour donner de la force à leurs coups.


 

Photo Mireille


 

Le chemin retrouvé, quelques dernières photos d'une femelle acrobate qui va chercher une touffe d'herbe dans la falaise et nous entamons la descente, les yeux et les cartes pleins d'images inoubliables.



Sur le chemin nous retrouvons quelques randonneurs qui font aussi des photos des "chamois" (dixit une randonneuse !), les animaux surveillent les humains mais ne semblent pas vraiment perturbés par leur présence.

C'est toujours un grand bonheur d'être admis par ces animaux dans leur environnement, quelques précautions basiques suffisent pour qu'ils veuillent bien tolérer notre présence, pensez-y si vous rencontrez des bouquetins lors de vos balades, s'accroupir permet les rendre plus confiants et de plus vous ferez de meilleures images à la hauteur des yeux des animaux.

 

La descente sera agrémentée de la rencontre d'un groupe d'Apollons, magnifiques papillons d'altitude.

 

 

 

Bibliographie : "Sur les traces des bouquetins d'Europe" d'Eric Weber chez Delachaux et Niestlé.

 

Eric Breyton

Par Eric Breyton
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