Chevreuils en hiver

Publié le par Eric Breyton

Ou comment transformer une sortie de repérage en séance de musculation !

 

On ne dira jamais assez combien il est important de bien se préparer dès le début de d'une sortie, lorsqu'on part en quête d'animaux : la vérification des réglages de l'appareil et de la "perfection " de son camouflage permet d'éviter certains déboires…

Une chevrette rencontrée dés les premiers cents mètres d'une simple balade destinée au repérage d'un secteur s'est chargée de me le rappeler.

 

Je progressais sur un chemin de randonnée et pensais m'équiper de mes gants et de ma cagoule dès que je quitterais ce chemin pour m'enfoncer dans la forêt, quand j'ai aperçu une chevrette dans le pré au-dessus de moi. Elle broutait tranquillement au soleil et ne m'avait pas aperçu.

 

 

Je me figeais instantanément. Le vent était face à moi, mais si elle levait la tête les taches claires de mon visage et de mes mains n’allaient pas manquer d'attirer son attention. Je levais donc l'appareil tout doucement pour dissimuler au moins mon visage derrière le camouflage de l'objectif.

J'en profitais pour faire un petit tour d'horizon : deux chevreuils broutaient tranquillement dans ce pré ! Je ne pouvais pas bouger sans faire de bruit sur ce chemin en galets et mes gants et cagoule étaient bêtement inaccessibles dans mon sac à dos…

Je pestais contre mon étourderie lorsque l'un des chevreuils leva brusquement la tête vers le haut du pré. Intrigué, je cherchais ce qui pouvait avoir attiré son attention quand j'aperçu un renard qui vaquait lui aussi à ses occupations.

 

 

Le chevreuil se remit à brouter et le renard poursuivit son chemin vers le bois. Toujours immobile sur mon chemin, j'observais l'autre chevrette qui se rapprochait peu à peu de moi en broutant.

 

 

Puis les deux animaux furent bientôt tout proches.

 

 

Les bruits de déclenchement les intriguaient sans les inquiéter vraiment.

 

 

Une des chevrettes semblait souffrir de démangeaisons, elle se grattait souvent avec vigueur.

 

 

 

Puis elle se dirigea dans ma direction, le bruit de l'appareil lui semblait visiblement suspect… je ne déclenchais qu'avec parcimonie, une photo à la fois de crainte de lui faire peur.

 

 

Puis elle chercha à atteindre les dernières feuilles d'un églantier.

 

 

Elle se dirigea à nouveau vers moi, cherchant une odeur qui la renseignerait.

 

 

Je ne bougeais toujours pas, debout au bord du chemin. Mes bras commençaient à souffrir du poids de l'appareil mais tout mouvement aurait fait fuir les animaux, j'étais condamné à rester transformé en pierre !

 

 

La chevrette finit par se coucher, regardant toujours dans ma direction.

 

 

Je profitais des instants où elle se grattait pour changer un tout petit peu de position, bougeant mes bras engourdis de quelques centimètres.

 

 

Puis elle se releva et sembla décidée à découvrir quelle était la chose qui produisait ce bruit bizarre sur le chemin !

 

 

 

Elle tenta de humer le vent mais je le sentais régulier sur mes doigts en train de se geler, elle ne pouvait pas me sentir.

 

 

 

 

Toutes ces mimiques me firent sourire malgré mon immobilité totale.

 

Elle cherchait vraiment à identifier cette forme bruyante.

 

 

 

Ses démangeaisons la reprenaient par moments et me permettaient de détendre un tout petit peu mes bras.

 

 

 

Je m'attendais à tout moment à une fuite ponctuée d'aboiements mais elle fit demi-tour tranquillement et s'en alla rejoindre l'autre chevreuil.

 

 

 

Les deux continuaient de brouter en s'éloignant peu à peu et je commençais à trouver le temps très long, mes bras étaient tétanisés, mes doigts gelés… la sitelle que j'entendais taper sur le chêne tout proche allait finir par venir farfouiller dans mon oreille !

 

L'arrivée d'un cueilleur de cynorrhodons allait me délivrer de ma position, les chevreuils se sont mis à couvert discrètement et j'ai enfin pu bouger. ¾ d'heures se avaient passé depuis la première image ! J'ai rapidement vérifié les histogrammes sur l'écran de l'appareil, c'était tout bon heureusement.

Après m'être équipé complètement j'ai poursuivi mon repérage et retrouvé mes chevreuils un moment plus tard en cherchant à réaliser une image d'un troglodyte mignon.

 

 

La chevrette semblait prête pour une deuxième session de musculation imposée mais le terrain m'était très favorable, j'étais en contrebas dans un fossé et seule ma tête couverte de la cagoule (enfin !) dépassais.

 

 

 

Les deux chevreuils se sont dirigés en broutant vers le haut du pré.

 

 

 

Après qu'ils aient disparus j'ai trouvé une trace du goupil de tout à l'heure…

 

 

Ce secteur me semble bien prometteur, nul doute que j'y retournerais régulièrement.

 

Eric Breyton

Publié dans Balades et affûts

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Jean-Pierre Moussus 31/10/2009 16:52


Superbe histoire, l'ambiance et les couleurs tout y est, je pense que beaucoup de gens aimant la photo se retrouveront dans ce récit !!

Cdt
JPM


gilles 07/02/2009 13:43

merci pour cette ballade, si tu viens nous voir, on ira visiter des balbuzards et des castors en Loire...

Wolf 05/02/2009 19:52

Bonsoir Eric,Bravo encore pour cette belle histoire.... et dans cette série il y a qq attitudes vraiment géniales....A la prochaine, Cordialement,WOlf

xavier 31/01/2009 17:36

Très belle histoire pleine de poésie et bien racontée.On s'y croirait !En attendant de nouvelles aventures.xavierhttp://passion-nature.over-blog.com

eric 31/01/2009 17:08

Merci les gars, content que ça vous plaise, d'autant que j'ai encore mal aux bras !